
Souvent
considéré comme un des plus grands
mathématiciens après
Euler,
ami de ses aînés Lagrange,
Legendre
et Laplace.
Polytechnicien à 16 ans, il se fit connaître quatre ans plus tard, en
démontrant élégamment la fameuse formule de
Descartes-Euler :
S - A + F = 2
S, F et A désignent les nombres
de sommets, de faces et d'arêtes d'un polyèdre convexe. Cauchy en déduit qu'il ne peut exister que cinq polyèdres
convexes réguliers (effectivement
constructibles).
Ingénieur des ponts et chaussées, il dirigea les travaux de la construction du port de Cherbourg mais il préférera, l'année de son élection à l'Académie des sciences (1816), enseigner au Collège de France (physique mathématique), à l'École Polytechnique (mécanique) et à la Sorbonne (mathématiques). On luit doit (1822) la première théorie mathématique de l'élasticité.

Le
Collège de France,
fut fondé par François Ier en 1530 à
l'initiative de Guillaume Budé sous l'appellation initiale de
Collège royal. Les cours sont publics. Tous les savoirs
(52 chaires actuellement) y sont enseignés par les plus éminents
spécialistes nommés par le Chef de l'État. Cette institution
purement culturelle ne prépare à aucun examen ou concours et ne
délivre aucun diplôme.
La carrière de Cauchy fut contrariée par les événements politiques : disgracié à la révolution de 1830, il quitte la France pour l'Italie : il enseigna à l'université de Turin où une chaire de mathématiques est créée à son intention, puis à Prague où il fut le tuteur du jeune Henri d'Artois, petit-fils du roi Charles X, exilés là sous la protection de la famille impériale autrichienne (empire austro-hongrois).
Cauchy retrouvera une chaire d'astronomie à la faculté des sciences de Paris en 1838, qu'il quitte suite au coup d'État de 1852. Ce n'est qu'en 1854 que Cauchy retrouvera son poste auquel Puiseux succédera.
Pour
en savoir plus sur la vie et l'œuvre de Cauchy :
| Les Cours d'Analyse : vers la rigueur |
Cauchy publia
(1821) son
Cours d'analyse et son Résumé des leçons sur le Calcul infinitésimal
(1823), réédité aujourd'hui dans
un but pédagogique et épistémologique
(collection ellipses, Éd. Marketing), qui
eurent très grande audience et constituèrent le premier
exposé rigoureux sur les fonctions numériques.
Rénovant l'analyse fonctionnelle, il formalise, en
particulier, les notions fondamentales :
Fonction
d'une variable :
Lorsque des quantités variables
sont tellement liées entre elles, que, la valeur de
lune delles étant donnée, on puisse en
conclure les valeurs de toutes les autres, on conçoit
dordinaire ces diverses quantités exprimées au
moyen de lune dentre elles, qui prend le nom de
variable indépendante; et les autres quantités,
exprimées au moyen de la variable indépendante, sont
ce quon appelle des fonctions de cette
variable.
Notion de
limite :
Si les valeurs successivement
attribuées à une variable s'approchent
indéfiniment d'une valeur fixe, de manière à
finir par en différer aussi peu que l'on voudra, alors
cette dernière est appelée la limite de toutes les
autres.
Cauchy utilise couramment l'abréviation lim placée devant la variable
pour préciser sa limite, notation initiée par
Lhuilier. Il donne en exemple le cas de sina/a
lorsque "a converge vers 0" : cette variable,
écrit-il, se présente sous la "forme indéterminée 0/0 et pourtant possède une
valeur fixe que l'on peut calculer ainsi " : On a évidemment, pour de très
petites valeurs numériques de a :

Par conséquent, le rapport sina/a, toujours compris entre les deux quantités sina/sina et sina/tana = cosa, dont la première sert de limite à la seconde, aura lui-même l'unité pour limite.
![]()
Le lecteur est prié de vérifier la preuve de Cauchy. Pour l'encadrement, on se limitera à des constatations graphiques. On se penchera sur sa validité eu égard au signe de a.
Quelques limites
« usuelles » :
Continuité sur un
intervalle :
(h désignant une quantité infiniment petite) : lorsque, la fonction f(x) admettant une valeur unique et finie pour toutes les valeurs de x comprises entre deux limites données, la différence f(x + h) - f(x) est toujours entre ces limites une quantité infiniment petite, on dit que f(x) est une fonction continue de la variable x entre les limites dont il sagit.
Intuitivement et graphiquement, on décrit la courbe
représentative de f sans lever le crayon : pas de "trous". Sur le
schéma ci-dessous, on a deux arcs de courbe "continus", et pour passer de l'un
à l'autre, lorsque x = 1, il faut "lever" le crayon. Le point de coordonnées
(1;0,5) a été renforcé pour préciser que l'image de 1 est 0,5 sur l'arc de
gauche et non pas 1 sur celui de droite. La fonction f est ici définie par :


Les
définitions plus rigoureuses de limite et de continuité ("avec les
e" comme disent les étudiants) seront le fait de
l'allemand
Weierstrass (1861). La formalisation
usant des quantificateurs et des symboles logiques apparaîtra avec Bourbaki.
Dérivabilité
(d'une
fonction continue) :
Si, lorsque h devient infiniment petit le rapport aux différences :
admet une limite finie, on le note f '(x), c'est une fonction de x, appelée fonction dérivée.
A propos du prime (dans
), Cauchy parle de notation "accentuée" et que l'on peut aussi écrire y' (s'il n'y a pas d'ambigüité relativement à la fonction étudiée).
Rolle , Leibniz , Newton , d'Alembert , Lagrange (notation & sens de variation d'une fonction
Ces définitions permettent à Cauchy
d'être le premier à établir rigoureusement la
formule de Taylor
en précisant les conditions de convergence vers la fonction
développée. Toutefois, l'ensemble R des nombres
réels n'est pas encore construit. Un nombre réel,
à cette époque, est un nombre non imaginaire : entier,
fractionnaire ou irrationnel.
Les nombres p et e sont irrationnels depuis Euler et Lambert mais pas encore transcendants. Il faudra attendre Lindemann et Liouville. Le flou entourant les nombres "réels" conduit Cauchy à des conclusions pouvant apparaître comme peu rigoureuses, voire fausses, comme, par exemple, son résultat sur la somme d'une série de fonctions selon lequel toute somme f = Sfn de fonctions fn continues en un point xo est elle-même continue en xo : la convergence uniforme, nécessaire ici, sera définie par Weierstrass.
La continuité uniforme sera le fait de Heine. Cauchy utilisait également implicitement que, hormis en quelques points singuliers, toute fonction continue admet une dérivée. Riemann, puis Bolzano et Weierstrass donneront un exemple de fonction continue en tout point dun intervalle et nétant pourtant dérivable en aucun point.
Dérivée
non continue : étude
de la fonction f : x
x2cos(1/x)
, Étude de fonctions
Cauchy traite par ailleurs des intégrales définies et indéfinies, des méthodes différentielles, du calcul sur l'exponentielle et le logarithme complexes, de la formule de Taylor, ...
| Le théorème des valeurs intermédiaires : |
Cauchy énonce et démontre (Cours d'analyse, 1821) le théorème des valeurs intermédiaires :
Si une fonction f est continue entre les limites a et b et que l'on désigne par k une quantité intermédiaire entre f(a) et f(b), on pourra toujours satisfaire l'équation f(x) = k pour au moins une valeur de x comprise entre a et b.
Autrement dit et plus généralement car l'image d'une partie connexe par une fonction continue est connexe :
Soit f une fonction numérique continue sur un intervalle I, borné ou non, alors J = f(I) est un intervalle et f prend donc au moins une fois toute valeur comprise entre ses bornes :
y
J,
x
I
, y = f(x).
Corollaire : si f est
strictement monotone sur I, x est unique (f est une bijection de I sur J).
On a en conséquence le théorème de Bolzano sur l'existence d'un zéro permettant de résoudre les équations du type f(x) = 0 lorsque x est un zéro isolé dans un intervalle [a,b] pour lequel f(a) x f(b) est négatif.
Accroissements finis et théorème de la
moyenne :
Formules de la
moyenne :
| Suites et séries, suites de Cauchy : |
Cauchy affine également les concepts de suite et et de série numériques et leurs conditions de convergence (cours à l'École polytechnique) en exposant son célèbre critère de convergence pour les suites numériques. Une suite est dite convergente si la variable qu'elle représente admet une limite finie lorsque n tend vers l'infini. Une série est convergente si la suite de ses sommes partielles est convergente.
Compléments : suites, séries,
critères de Cauchy, série produit (produit de Cauchy), exercices :![]()
Concernant les séries convergentes de fonctions continues, Cauchy avança imprudemment, dans son cours d'analyse de 1821, que leurs sommes sont continues. En 1826, Abel corrigea cette affirmation au moyen d'un contre-exemple relativement simple :
| Critère de Cauchy : |
e désignant un nombre arbitrairement petit et positif, une suite de Cauchy est une suite numérique (un) pour laquelle |um - up| < e à partir dun certain rang Ne (c'est à dire dès que m > Ne , p > Ne).
Il est clair que toute suite convergente est une suite de Cauchy. Inversement, toute suite de Cauchy réelle (dans R) est convergente et la définition précédente devient le critère de convergence de Cauchy.
| Intégration selon Cauchy
(cas d'une fonction réelle) :
|
Entre 1814 et 1825, Cauchy travaille sur la notion d'intégrale. Il formalise l'intégrale d'une fonction continue sur un intervalle fermé (se détachant ainsi du lien direct avec la dérivation) proche de celle que
Riemann généralisera aux fonctions bornées. L'intégrale de Riemann coïncide avec celle de Cauchy pour les fonctions continues :
L'intégrale de Riemann et calcul approché
:
|
Critère de Cauchy pour la convergence d'une intégrale généralisée : |
Soit f une fonction continue sur tout intervalle
fermé [a,u], u > a. L'intégrale de f sur [a,+
[
est convergente si et seulement si :
e > 0,
u > a : (x > u , x' > u)

En utilisant ce critère et la seconde formule de la moyenne (seconde formule de Bonnet), prouver ce théorème très utile :
On en déduit par exemple que l'intégrale de Dirichlet, intégrale sur R+ de sin(x)/x, est convergente.
Calcul de l'intégrale de Dirichlet :
Darboux, Lebesgue ,
Stieltjes
| La théorie des fonctions d'une variable complexe : |
Le couronnement des travaux de Cauchy réside sans conteste dans la création (totalement nouvelle) de la théorie des fonctions d'une variable complexe et de la théorie des résidus, relative à l'intégration d'une fonction complexe sur un contour, qu'il développera pendant plus de trente ans, entre 1814 et 1846, ramenant le calcul d'une intégrale (dans le cas réel ou complexe) à un simple calcul de coefficients.
Le calcul différentiel et intégral dans le plan complexe prolonge le cas réel mais on y rencontre de grandes difficultés dues au fait que C s'apparente à R2 : il s'agit alors souvent de travailler avec des fonctions de deux variables réelles.
Intégrale complexe, formule intégrale de Cauchy :
Calcul des
résidus :
Conditions de Cauchy pour la dérivation (également dites de Cauchy-Riemann) :
La dérivabilité se définit comme dans le cas réel et Cauchy apporte une condition nécessaire de dérivabilité en un point zo = xo + iyo d'une fonction f de variable complexe z : par définition, f sera dérivable en zo, de dérivée f '(zo), s'il existe une fonction e telle que df = [f '(zo) + e(z)] x dz où e(z) tend vers 0 quelle que soit la façon dont z tend vers zo.
On peut alors choisir de faire tendre z vers zo en posant z = zo + x, x réel tendant vers 0, ce qui fournit df = [f '(zo) + e(z)] x dx ou bien en posant z = zo + iy, y réel tendant vers 0, ce qui fournit df = [f '(zo) + e(z)] x idy et le passage à la limite conduit aux égalités :
Dans le cas fréquent ou f(z) peut se mettre sous la forme P(x,y) + iQ(x,y), les fonctions réelles P et Q doivent être différentiables en zo et, en ce point :
Harmonicité :
Ces conditions de dérivabilité impliquent immédiatement que les fonctions P et Q sont harmoniques :
Comme on le voit ci-dessous, Calcul infinitésimal de 1823, Cauchy définit le logarithme complexe
en utilisant la notation z = x +
y ou bien la forme
trigonométrique z = r(cosq +
.sinq).
Gauss systématisera (1831) l'usage de z = x + iy
(i, comme imaginaire, est la notation d'Euler pour
).

Notons ici que l'on doit à Cauchy le terme d'argument
d'un nombre complexe (1838), terme emprunté à l'astronomie mesurant l'angle
de la position de la lune sur son orbite compté à partir du point où cette
orbite coupe celle de la Terre (Encyclopédie de
d'Alembert et Diderot, 1752).
Fonction analytique et fonction holomorphe, dite "synectique" par Cauchy :
Une fonction de C dans C est dite holomorphe sur un ouvert U de C si elle est uniforme sur U (chaque image est unique, ce qui n'est pas toujours le cas) et dérivable en tout point de U.
Ne pas
confondre fonction uniforme (dont toute
image est unique, terme dû à Hermite, dite
monotypique par
Cauchy) et fonction univalente
:
il s'agit alors d'une fonction holomorphe (uniforme
et dérivable) et injective (des images égales ont
des antécédents égaux)
fonctions multiformes et surface de Riemann.
Holomorphe, holomorphie : du grec holo = entier et morphê = forme,
appellation due à Bouquet
en remplacement de
synectique
(du grec sunektikos = compréhensif)
proposé par Cauchy.
Une fonction (réelle ou complexe), est dite
analytique (terme dû à
Condorcet) en un point xo intérieur à son
ensemble de définition U si elle est développable en série entière dans un
voisinage de xo : il existe une série San(x
- xo)n, n
0, convergeant vers f(x) dans
un voisinage de xo inclus dans U.
Les fonctions holomorphes coïncident avec les fonctions analytiques sur U, c'est à dire développables en série entière (d'où leur appellation) car contrairement aux fonctions numériques (réelles), en conséquence du théorème de Cauchy-Goursat énoncé ci-après :
Toute fonction complexe continument dérivable sur U est infiniment dérivable sur U
On parle parfois de fonction entière
pour désigner une fonction holomorphe sur C tout entier, comme la
fonction exponentielle z
ez
par exemple.
La somme f + g, le produit f.g et le quotient f/g (dans ce dernier cas si g ne s'annule pas sur U) de fonctions holomorphes est holomorphe.
Cauchy démontra ce résultat étonnant qui fut un temps attribué faussement à Liouville :
Toute fonction bornée et holomorphe sur C tout entier est constante.
On a également cet important résultat :
Soit f une fonction holomorphe sur un domaine D borné du plan complexe ainsi que sur sa frontière. Alors f admet un nombre fini de zéros dans D.
L'intégration des fonctions complexes :
Considérons une
fonction complexe z
f(z)
avec z = x +iy et f(z) = P(x,y) + iQ(x,y). La définition de l'intégrale de f sur
un arc de courbe continu (c), fermé ou non, d'origine A, d'extrémité B
sur lequel on aura choisi un sens de parcours positif
(celui des abscisses curvilignes
croissantes) se définit comme dans le cas réel à la manière de
l'intégrale de Riemann.
Les sommes de Riemann Sn s'écrivent ici :
Les zk forment une subdivision de l'arc de courbe (c) et si ces sommes admettent une limite lorsque Max |zk - zk-1| tend vers 0, on démontre que cette limite ne dépend ni de la subdivision, ni du choix des ck. On l'appelle intégrale de f sur (c) et on écrira :

Théorème de Cauchy-Goursat (1831) :
On appelle ainsi le résultat fondamental selon lequel si f est holomorphe sur un domaine simplement connexe D, alors pour tout contour courbe inclus dans D :
Cauchy aurait établi son théorème dès 1814 dans le cas d'un
rectangle inclus dans D. L'application de ce théorème conduit facilement au célèbre
théorème de d'Alembert relatif aux zéros des
polynômes.
Formules intégrales de Cauchy :
On appelle ainsi, ou simplement intégrales de Cauchy, les égalités :

où f désigne une fonction holomorphe sur un domaine simplement connexe D de contour (c) et z un point intérieur à D, la notation f(n) désignant la fonction dérivée n-ème de f.
En savoir plus sur l'intégrale complexe
:
![]()
Série de Taylor d'une fonction complexe :
On démontre, au moyen des intégrales de Cauchy ci-dessus, que :
Si f est holomorphe au point zo, alors il existe un disque ouvert D de centre zo sur lequel f est holomorphe, y compris sur sa frontière g, et une unique suite (an) de complexes tels que pour tout complexe z de D : f(z) = f(zo) + (z - zo)f '(zo) + (z - zo)2f '(zo)/2! + ... + (z - zo)nf (n)(zo)/n! + ...
C'est dire que le développement en série entière d'une fonction holomorphe coïncide avec ce que l'on appelle encore dans ce cas complexe la série de Taylor associée à f.
Goursat
Séries de Laurent :
![]()
Les conditions d'harmonicité de P et Q explicitées ci-dessus permettent de
prouver que deux fonctions holomorphes ayant même partie réelle diffèrent d'une
constante imaginaire pure.
Une autre propriété fondamentale des fonctions holomorphes est la conservation des angles. Plus précisément :
On suppose que z
f(z)
est holomorphe sur un ouvert U contenant zo
et f '(zo)
0. Si (C1)
et (C2) sont deux courbes admettant une
tangente en zo, alors l'angle orienté entre
ces tangentes est le même qu'entre les tangentes en f(zo)
aux courbes images f(C1) et f(C2).
On exprime cette importante propriété en parlant de transformation conforme :
Pour en savoir plus :
Calcul infinitésimal, Jean Dieudonné, Ch. VII, La théorie de Cauchy
Ed. Hermann,
Collection Méthodes -
Paris, 1968
Cours de mathématiques, Jean Bass, tome II, Éd. Masson - Paris, 1964
| Loi de Cauchy (probabilités) : |
Il s'agit de la loi absolument continue de densité :
On est en présence d'une loi de Student à 1 degré de liberté. La fonction de répartition est facile à calculer puisque 1/(1 + x2) n'est autre que la fonction dérivée de Atan x. Cette loi n'a ni moyenne, ni variance : intégrales sur R de xf(x) et x2f(x). Mais la médiane est nulle.
On parle
également de distribution de Lorentz (H. A. Lorentz, physicien
hollandais, 1853-1928) : on la rencontre en physique dans des
phénomènes de résonance avec une forme plus générale :
![]()
les nombres s et t sont respectivement les paramètres d'échelle et de position.
© Copyright
StatSoft, Inc., 1984-2005 -C désigne ici x, pos est le
paramètre de position
Une application
concrète sur le site de l'ENST
:
http://www.tsi.enst.fr/~cappe/cours/fete/tp.pdf
| Problème de Cauchy : |
Cauchy met en place une vaste théorie des équations différentielles et aux dérivées partielles : existence, recherche et unicité des solutions selon les conditions initiales : problème de Cauchy, couronnement des travaux des grands mathématiciens qui le précédèrent comme les Bernoulli, Euler, Riccati, Lagrange. Dans le cas simple de l'équation linéaire du 1er ordre sous la forme
x
J, y' = a(x)y +
b(x), yo = f(xo)
on a le résultat suivant qui sera généralisé aux systèmes différentiels par Lipschitz :
Théorème de Cauchy-Lipschitz :
Il existe une unique solution y = f(x) pour tout de J vérifiant yo = f(xo), à savoir :

Un exemple
élémentaire du problème de
Cauchy : Déterminer les fonctions numériques réelles telles que pour tout
x de R, y' = y et f(0) = 1. On sait que
la réponse est unique : il
s'agit de la fonction exponentielle de base e : x
ex.
On ne confondra
pas le problème de Cauchy avec le problème plus général et plus difficile des
conditions aux limites (ou
problème aux limites) : si l'équation
différentielle est étudiée sur un intervalle J = [a,b], celle-ci peut être
soumise à une (ou plusieurs) conditions portant sur les bornes de J, comme une
relation du type
(x,y,a,b)
= 0.
Euler et l'étude de la fonction exponentielle :
Sofia Kovalevskaïa
|
Autres contributions : |
Inégalité de Cauchy-Schwarz :
Schwarz
Une théorie des déterminants (1815-1820) en tant que formes multilinéaires alternées suite aux travaux des précurseurs que furent Leibniz, Lagrange et Cramer. Le terme déterminant, emprunté à Gauss (1801), sera désormais systématiquement utilisé.
La voie s'ouvre pour l'introduction des matrices. Ce sera l'œuvre de Cayley et Sylvester (1843) à qui l'on doit (1841) la notation actuelle des déterminants, entre barres comme :

Selon, F. Cajori, un an avant (1840), dans un fascicule d'Exercices d'analyse et de physique mathématique, Cauchy dont les notations de 1815 n'étaient pas des plus simples et pratiques, utilisa une forme proche pour désigner une forme multilinéaire alternée (déterminant) :
On doit encore à Cauchy :
une théorie "moderne" des
substitutions (1844), le concept de permutation circulaire
et des notations annonçant le vocabulaire actuel des
groupes institués par Cayley.
le concept de
groupe
(1815, le terme est de Galois)
dans les premiers grands travaux relatifs à la résolution des équations
polynomiales,
en tant que structure algébrique restreinte cependant aux permutations
: groupes de substitutions sur un ensemble fini que
Abel
(1826) et Galois
(1832, publié en 1846) utiliseront avec
succès. Le cas général, axiomatisation de cette notion, sera le fait
de Cayley
et de Weber.
Un beau théorème, également énoncé et prouvé par Lagrange : soit (G,*) un groupe fini d'ordre p, d'élément neutre e. Alors :
L'ordre de tout sous-groupe divise p et il existe un élément x de G tel que xp = e
l'ordre d'un groupe fini
est son cardinal (nombre de ses éléments). xp désigne ici
x*x*x...* : composé de p éléments égaux à x.