
Savant
universel, astronome, physicien,
mathématicien et fin politicien, Laplace fut inspecteur des
armées avant la révolution de 1789, ministre sous
Bonaparte,
comte sous Napoléon,
marquis sous Louis XVIII. Il fut ami du chimiste Lavoisier qui
traversa avec moins de chance cette période trouble de
l'histoire de France.
Laplace, brillant jeune mathématicien, fut recommandé par d'Alembert et nommé professeur de mathématiques à l'École Militaire de Paris. Il n'a que 19 ans... Il succédera à Bézout (1784) comme examinateur. Il prouve (1783), en démontrant l'invariance des grands axes des orbites planétaires, la stabilité mécanique du système solaire, ce qui lui vaut, à 24 ans, une place à l'Académie des Sciences.
Examinateur (1785) du jeune Napoléon Bonaparte, alors élève de l'École Militaire, Laplace enseignera ensuite à l'École Polytechnique, dont il fut, avec Monge, un des fondateurs (ainsi que de l'École Normale) avant d'entamer sa carrière politique (sénateur). La Restauration lui valut le titre de Marquis et de pair de France.
Laplace se distingua dans toutes les branches actives de la science de son époque : électromagnétisme (lois de Laplace régissant les interactions d'un champ magnétique sur un courant), optique, étude des gaz, pression atmosphérique, théorie des marées, cosmogonie (théorie de la formation de l'univers) dans son Exposition du système du monde (1796) où il expose la genèse de notre monde dans une théorie proche de celle décrite aujourd'hui.
Pour
en savoir plus :
Exposition du système du Monde par Pierre
Simon de Laplace, texte numérisé sur Google Livres :
http://books.google.fr/books?id=mxAOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&source=gbs_v2_summary_r...
Son chef d'œuvre est sans doute son traité
de Mécanique céleste (5 volumes édités entre 1799 et 1825) où il établit une
synthèse magistrale du système solaire basée sur la gravitation universelle de
Newton.
Ce traité est également consultable sur Google Livres à cette adresse.
Sans oublier ses remarquables travaux en calcul des probabilités (Théorie analytique des probabilités, 1812). Également disponible ici.
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Lors d'une entrevue avec Napoléon Ier, ce dernier le félicite de sa Mécanique céleste tout en lui reprochant, plaisamment : « mais où est Dieu dans tout cela ? ». Laplace aurait répondu « Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse... ». |
| Loi de Laplace-Gauss, dite loi normale : |
La recherche de la paternité de cette célèbre loi n'est pas simple. Les astronomes Laplace et Gauss la construisirent à la même époque dans le cadre de l'évaluation des erreurs commises sur des mesures d'observations et il en sera de même de la célèbre méthode des moindres carrés, revendiquée tant par Laplace que Gauss et Legendre.
On dit souvent la loi de Gauss, la loi de Laplace-Gauss, mais plus rarement, voire jamais, la loi de Laplace : expression plutôt réservée, au pluriel et comme vu plus haut, aux lois de l'électromagnétisme. Quoi qu'il en soit, un siècle plutôt, De Moivre l'avait d'ailleurs déjà énoncée en termes de probabilités approchées d'une distribution binomiale lorsque le nombre d'expériences est grand !
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| Équation de Laplace, laplacien, fonctions harmoniques : |
L'équation de Laplace est une équation aux dérivées partielles. Une telle équation a pour inconnue une fonction, intervenant au moyen de ses dérivées partielles par rapport à l'une au moins de ses variables. Laplace introduit le sujet dans ses premiers mémoires de mécanique céleste dès 1782 (Théorie des attractions des sphéroïdes et de la figure des planètes).
Dans le texte d'origine, V est ainsi défini, il s'agit de ce que l'on appellera le potentiel gravitationnel du sphéroïde :

En savoir plus sur
les équations aux dérivées partielles :
Notion de potentiel :![]()
Laplacien et fonctions harmoniques :
Pour une fonction U de trois variables x, y et z, de classe C2, c'est à dire admettant des dérivées partielles première et seconde continues sur un ouvert W de R3, son laplacien est l'opérateur différentiel linéaire souvent noté Δ s'écrivant :
différentiation d'une fonction de
plusieurs variables
Maxwell
On peut généraliser cet opérateur à n variables et aux fonctions de classe C2 sur un ouvert O de Rn. Les solutions de l'équation :
ΔU = 0,
appelée équation
de Laplace, sont dites harmoniques sur
O. De telles fonctions U s'avèrent
analytiques (développables en
séries entières,
Condorcet).
Un
exemple
simple :
Soit P et Q deux fonctions numériques définies sur un ouvert de O de R2
et posons f = P + iQ. Si f est holomorphe
(dérivable) et de classe C2
au moins, les
conditions de Cauchy montrent que P et Q sont
harmoniques sur O (et toute fonction
holomorphe est analytique) :
Cauchy.
Harmonicité dans le cas du potentiel
newtonien :
Poisson
On peut énoncer que :
Les partie réelle et imaginaire d'une fonction holomorphe sont harmoniques
L'étude des solutions harmoniques de
l'équation de Laplace constituent la
théorie
du potentiel, issue de la gravitation universelle de
Newton. La célèbre équation
intervient également en électricité, en théorie de la chaleur (
Fourier), en théorie de l'asservissement : étude
d'équations aux
dérivées
partielles.
En dimension 2, le problème s'insère dans la théorie des fonctions de variable complexe (U fonction de 2 variables x et y) et en dimension 3 le problème est beaucoup plus... complexe.
Valeur moyenne d'une fonction
harmonique, fonctions sous-harmoniques :
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Pour en
savoir plus sur les fonctions harmoniques :
Fonctions harmoniques : on pourra
(en particulier) consulter le chapitre 1 du cours d'Isabelle Chalender (univ.
Lyon 1) :
http://math.univ-lyon1.fr/~chalenda/complet-M2R-hardy.pdf
On pourra consulter cette page dans le cas n = 2 (deux
variables), complétée par des exercices
corrigés (corrections pages 28 et suivantes) :
http://www.umc.edu.dz/vf/images/cours/Fasicule2/chap7.pdf
(université de Constantine).
Les exercices exercices 9 à 12 sont consacrées aux
fonctions sous-harmoniques.
| Transformation de Laplace : |
En savoir plus sur la transformation de Laplace :![]()
| La méthode de la variation de la constante : |
C'est à Laplace que l'on doit la célèbre méthode de la variation de la constante utilisée, dans la résolution des équations différentielles linéaires, pour la recherche d'une solution particulière à partir de la solution générale de l'équation sans second membre (équation homogène).
| Théorème de Moivre-Laplace : |
Ce
théorème est appelé aujourd'hui
théorème central limite ou
théorème limite central ou
encore théorème de la limite centrale.
Le nom usuel a priorir bizarre de central limite (central car la
variable est centrée, limite car on passe à la limite...) est dû
à l'appellation anglaise : central limite theorem, dû à
Polya
qui le démontra dans sa généralité
(1920).
Le résultat énoncé ci-dessous fut approché par De Moivre dans le cas de lois binomiales (dans le vocabulaire de son époque). Il connut de nombreuses variantes et généralisations. Sa forme la plus simple est la suivante :
Considérons n variables aléatoires indépendantes X1, X2 , ..., Xn suivant une même loi de probabilité d'espérance mathématique m, d'écart-type s.
Posons Yn = SXi/n (moyenne des Xi). Dans ces conditions, E(Yn) = m (espérance) et V(Yn) = s2/n (variance, carré de l'écart-type). La variable centrée réduite de Yn est alors :

Le théorème central limite énonce que, lorsque n devient infini, Zn converge en loi vers la loi normale centrée réduite
Ce n'est pas ici une convergence
de suite au sens mathématique usuel :
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Convergence en loi : |
La notion convergence en loi exprime une convergence en termes de fonction de répartition. Plus précisément, si l'on pose :
Dn(t) = Pr(Zn < t) - p(t)
où p désigne la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite
alors la suite des fonctions Dn converge uniformément vers 0 (fonction nulle) sur R.
| Autres travaux : |
Manipulant des tableaux numériques, Laplace annonce la notion de matrice, et étudiera les déterminants des systèmes d'équations linéaires en énonçant la technique de calcul au moyen des mineurs (1772).

Ancienne gare Laplace à Arcueil-Cachan où
vécut l'illustre savant.
Démolie et reconstruite, c'est aujourd'hui une moderne station RER