
Rappelons tout d'abord brièvement le cas discret : si une variable aléatoire X prend un nombre de valeurs fini ou dénombrable (son ensemble de définition est inclus dans N), on parle de variable discrète.
Les
valeurs xi étant prises avec les probabilités pi,
l'espérance mathématique de X, notée E(X), est sa
valeur moyenne pondérée par les probabilités.
E(X) = Spixi
Cela correspond statistiquement (en termes de fréquence) à la valeur moyenne d'une série de nombres aléatoires {x1, x2, x3, ...} : m = (Snixi)/Sni , ni désignant l'effectif de la i-ème valeur observée xi.
La variance exprime la moyenne
des carrés des écarts par rapport à la moyenne des valeurs d'une série
aléatoire; on la note V(X), il s'agit donc de :
V(X) = Spi [xi - E(X)]2
En développant, on constate facilement que V(X) = E(X2) - [E(X)]2 : c'est la formule de König. L'écart-type de X en est la racine carrée.
exemple
loi binomiale , loi
hypergéométrique, loi de Poisson
La fonction de répartition d'une
variable discrète exprime les valeurs F(xi) = Prob{X < xi}
:
loi binomiale
|
Cas continu, densité de probabilité, exemple de la loi uniforme sur un intervalle : |
Lorsqu'une variable aléatoire X pouvant prendre toute valeur réelle (son ensemble de définition contient un intervalle de R), on parle de variable continue. Dans ce cas, il ne s'agira plus de calculer une probabilité d'apparition d'une valeur donnée mais d'un intervalle. Daniel Bernoulli fut un pionnier en la matière.
Considérons par exemple, un segment [a,b]
dans lequel on choisit un point d'abscisse x au hasard, sans autre
condition que a
x
b. Il s'agit de la
loi uniforme sur
[a,b] :
Si x' et x" sont deux valeurs choisies dans [a,b], dire que la
distribution de probabilités est uniforme
signifie que la probabilité de réalisation de l'événement {x'
x
x"} est proportionnelle à x" - x'.
Plus précisément : Prob{x'
X
x"} = k(x" - x'), k
ne dépendant pas de x' et x". Si x' = a et
x" = b, on a 1 = k(b - a), ce qui fournit k = 1/(b - a).
Soit maintenant deux valeurs de x infiniment proches.
La probabilité Prob{x
X
x + dx} = kdx est infinitésimale.
Notons-la dF(x). On a dF = dx/(b - a).
Le nombre f(x) = dF(x)/dx est la densité de probabilité de x au point x. la fonction f est la dérivée de la fonction F, appelée fonction de répartition de X définie ici par :
La densité de la loi uniforme sur [a,b], définie ci-dessus au moyen de k, est donc :

C'est la fonction caractéristique de l'intervalle [a,b], souvent notée 1[a,b].
On définirait de
même la loi uniforme sur une aire ou dans un volume homogène. Le paragraphe
suivant justifiera l'appellation loi rectangulaire
pour la loi uniforme sur un intervalle :
|
Plus généralement : |
X désignant une variable aléatoire numérique
continue, la fonction de répartition de X, exprimant la
probabilité de l'événement X
x ou bien, indifféremment par continuité X < x, est une fonction de la forme :
![]()
où f désigne une fonction numérique positive continue, intégrable sur R et telle que :
![]()

Sur le schéma ci-dessus, on comprend que la
probabilité d'un intervalle s'interprète comme une aire. Pourquoi cela ?
Explication : X désignant une variable aléatoire continue sur R, lorsque a et b désignent deux valeurs de X infiniment proches x et x + dx, on est en droit d'estimer que sur cet intervalle infiniment petit dx, la distribution de probabilité est uniforme :
Prob(x < X < x + dx) = kxdx
où kx, fonction du phénomène étudié, dépend de x.
Posons alors kx = f(x), on a : Prob(x < X < x + dx) = f(x)dx.
Par sommation, en notant alors dF(x) = f(x)dx, l'intégrale :
![]()
s'interprète comme la probabilité de
réalisation de X sur l'intervalle ]-
,x[
: Prob(X < x)
Dans ce cas "continu", noter que tous les signes < peuvent
être remplacés par
.

Pour une valeur a de x donnée, Prob(X < a) = F(a) s'interprète comme l'aire (en vert) sous la courbe représentative de f, dite densité de X.
Pour deux valeurs a et b de x, a < b, F(b) - F(a) s'interprète comme l'aire (en jaune) :

L'intégrale sur R tout entier de f correspond à Prob(X
R),
c'est dire que :
![]()
2. Exercice où l'on établit la distribution de Cauchy : calcul d'une densité
3. La loi de probabilité exponentielle (durée de vie sans vieillissement)
4. Étude d'une loi continue définie par sa fonction de répartition, densité espérance mathématique, variance
| Espérance mathématique, moments : |
Il s'agit, s'il existe, du nombre :
![]()
Lorsque la densité est nulle en dehors d'un intervalle J, l'intégrale ci-dessus se réduit à une intégration sur J. Un exemple est donné par la loi exponentielle.
Remarquer
l'analogie avec le cas discret où le rôle des pi est tenu par f(t)dt.
On voit aussi que cette espérance peut s'écrire comme intégrale sur R de t.dF(t).
Lorsqu'on se place dans un espace probabilisé
abstrait (W,
,P),
l'espérance de X s'écrira :
![]()
Plus généralement, on appelle moment d'ordre k, l'espérance mathématique de la variable Xk :

On voit là une généralisation de la notion de moment d'inertie correspondant à k = 2.
| Variance : |
La variance d'une variable aléatoire continue est, là encore, l'espérance de la moyenne des carrés de ses écarts par rapport à sa moyenne :
![]()
et par linéarité de l'intégrale, on retrouve la formule de König : V(X) = E(X2) - [E(X)]2.
![]()
Montrer que la loi ci-dessus (loi
de Cauchy) n'admet ni valeur moyenne, ni variance.
Quelques lois continues étudiées dans ChronoMath :
La loi exponentielle (dite de durée de vie sans vieillissement);
La loi de Laplace-Gauss, dite normale;
La loi de Pearson dite du c2;
La loi de
Student, dite loi t;
Autres lois
La loi de Fisher, dite loi F;
La loi de Cauchy.