ChronoMath, une chronologie des MATHÉMATIQUES
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FERRAND (ou Lelong-Ferrand) Jacqueline, française, 1918-2014

Source éléments biographiques : Agnès Scott College / Pierre Pansu (Paris-Sud) / Marie-Thérèse Pourprix (Univ. Lille).
Source portrait :
extrait de photographies de Paulette Libermann, sur le site de Michèle Audin, IRMA, Strasbourg,
avec son aimable autorisation..

Native d'Alès, « capitale »  des Cévennes, dans le Gard, Jacqueline Ferrand fit ses études secondaires à Nîmes et fut, à 18 ans, une des premières jeunes filles à entrer à l'École normale supérieure de Paris jusqu'alors réservée aux garçons.

Reçue 1ère ex-æquo à l'agrégation (masculine) de mathématiques en 1939, avec Roger Apéry, elle fit, avec ce dernier l'admiration de son examinateur, en l'occurrence Jean Dieudonné. On lui confie alors le poste convoité d'agrégée-préparatrice à l'ENS de jeunes filles de Sèvres (chargée de la préparation à l'agrégation des nouvelles étudiantes).

Ce n'est qu'en 1985 que l'ENS de jeunes filles de Sèvres (ENSJF) disparaissait au profit de l'école mixte d'aujourd'hui ! De même, HECJF (Hautes Études Commerciales pour jeune filles, école créée en 1916, perdura jusqu'en 1975. à ce sujet, on pourra consulter l'article de Loukia Efthymiou, Le genre des concours (en particulier ENS, agrégation et mixité). Voir aussi Les mathématiques et l'enseignement féminin en France.

Jacqueline Ferrand soutint une thèse (1942) sur les fonctions de variable complexe (Étude de la représentation conforme au voisinage de la frontière d'un domaine simplement connexe) sous la direction de Montel (les examinateurs étaient Denjoy et Valiron). L'année suivante, elle est nommée à l'université de Bordeaux, puis à Caen en 1945. Elle épouse Pierre Lelong en 1947 et le rejoint à la faculté des sciences de Lille l'année suivante où elle fut la première femme titulaire d'une chaire universitaire.

En 1956, Jacqueline Ferrand obtient un poste à Paris (Sorbonne, Jussieu-UPMC) qu'elle conservera jusqu'à sa retraite en 1984. Son enseignement et ses travaux concernèrent principalement l'analyse réelle et complexe et la géométrie différentielle. Elle reçut le prix Servant 1974.

Jacqueline Ferrand est l'auteur de très nombreuses publications et de manuels universitaires, fruits de ses enseignements, jusqu'en 1999. Son Cours de Mathématiques (4 volumes, éditions Dunod), écrit en collaboration avec Jean-Marie Arnaudiès, professeur de mathématiques spéciales à Toulouse (lycée Pierre de Fermat), fut un des best-sellers des années 1970-1990. Il est toujours en librairie, réédité récemment. Tout à fait remarquable furent Les fondements de la géométrie (1986, Presses universitaires de France).

Preuve d'une conjecture de Lichnerowicz émise en 1964 :

En 1974, Jacqueline Ferrand prouva cette conjecture de Lichnerowicz portant sur la géométrie différentielle :

Sn désignant la sphère unité de En , espace euclidien de dimension n ≥ 3, si M est une variété compacte de dimension n non conformément équivalente à Sn , alors le groupe G de ses difféomorphismes conformes est compact.

20 ans plus tard, âgée de 76 ans, elle généralisait ce résultat aux variétés de Riemann non compactes :

Pour toute variété riemannienne de dimension n ≥ 2, compacte ou non, non conformément équivalente à la sphère Sn ou à l'espace euclidien En, il existe un changement conforme de métrique qui réduit son groupe conforme à un groupe d'isométries.

Dans le cas élémentaire de deux surfaces M et N de l'espace euclidien usuel de dimension 3,  un difféomorphisme f (homéomorphisme différentiable) de M sur N est dit conforme s'il conserve l'angle des vecteurs tangents en tout point d'intersection m de deux arcs de courbe réguliers de M : c'est le cas par exemple de la projection stéréographique.

Dans le cas plus général de variétés de En, le difféomorphisme f assure qu'elles ont même dimension et il sera dit conforme si sa différentielle (qui est une application linéaire) conserve les angles de l'espace tangent en m, sous-variété passant par m, de direction le sous-espace, généralement noté TmM, engendré par les vecteurs tangents en m. s'interprète comme une similitude de En, les variétés M et N sont dites conformément équivalentes.

  Cauchy , Bierberbach , Morera , Nash             Immersion, plongement, submersion :


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