
Formes
multilinéaires
formes trilinéaires et déterminant d'ordre 3 , déterminant mineur , inversion d'une matrice |
Cette
page suppose connues les notions d'application
linéaire, de
forme
linéaire et
de matrice
d'application linéaire
:
Quel que soit le niveau traité, l'objectif de ChronoMath n'est pas d'écrire un manuel de cours. Pour cette raison, l'approche des déterminants est ici faite de façon progressive afin d'être comprise par le plus grand nombre de lecteurs intéressés par les mathématiques : ordre 2, formes bilinéaires alternées, puis ordre 3, formes trilinéaires alternées. Les propriétés remarquables des déterminants, rencontrées ci-dessous, se généralisent à toute dimension : formes multilinéaires alternées.
| Applications bilinéaires, formes bilinéaires : |
E, F et G sont des espaces vectoriels sur un même
corps commutatif K. Une application f : (x,y)
f(x,y), définie de E x F
vers G, est dite bilinéaire
si elle est linéaire par rapport à x et y. En d'autres termes
si :
F,
l'application fy: x
E,
l'application fx: y
Les applications fx et fx sont souvent appelées applications partielles associées à f (ces dénominations s'appliquent à toute fonction de plusieurs variables).
Si E = F, on parle d'application linéaire sur E à valeurs dans G; et si G = K, une application bilinéaire prend le nom de forme bilinéaire sur E.
Si E est un espace vectoriel, l'application F qui à tout couple d'endomorphismes de E, associe g o f, est une application bilinéaire de E x E dans E.
Le corps R des réels étant considéré comme espace vectoriel sur lui-même, l'application f de R x R dans R, définie par f(x,y) = xy est une forme bilinéaire.
Une application bilinéaire sur E à valeurs dans G est dite :
Une forme bilinéaire sur E (à valeurs dans K d'élément nul 0) est dite :
La forme x
f(x,x)
est appelée forme quadratique associée
à f. Elle n'est pas linéaire.
Produit scalaire :
On appelle ainsi une forme bilinéaire symétrique et positive sur un espace E. Lorsque la forme est, de plus, non dégénérée, on parle d'espace vectoriel euclidien car on retrouve la définition du produit scalaire dans le plan et l'espace de la géométrie euclidienne élémentaire.
En savoir plus sur le produit scalaire :
Formes quadratiques :
![]()
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|
On
prendra garde de ne pas confondre une application bilinéaire E x
F vers G avec une
application linéaire de
E x
F vers G ! Par exemple : dans le cas E = F = G =
R :
considérer f(x,y) = x. Cette
application est linéaire :
f[a.(x,y) + b.(x',y')] =
f(ax + bx',ay + by') = ax + bx' = a.f(x,y) +
b.f(x',y'). Mais cette application n'est pas bilinéaire
car fx est l'application constante y
|
Produit vectoriel :
Dans l'espace euclidien usuel (dimension 3), le produit vectoriel est une application bilinéaire antisymétrique et alternée.
5 exercices de gymnastique bilinéaire :
| Expression d'une forme bilinéaire symétrique relativement à une base : |
On suppose E de dimension finie n. considérons tout d'abord deux cas élémentaires :
a/ dimE = 2 et E est rapporté à la base (i,j). Posons u = x.i + y.j et v = x'.i + y'.j. On a alors par bilinéarité :
f(u,v) = f(x.i + y.j , x'.i + y'.j) = f(x.i, x'.i + y'.j) + f(y.j , x'.i + y'.j)
= xx'.f(i,i) + xy'.f(i,j) + yx'.f(j,i)+ yy'.f(j,j)
Mais f(i,j) = f(j,i), donc :
b/ dimE = 3 et E est rapporté à la base (i,j,k). Posons u = x.i + y.j + z.k et v = x'.i + y'.j + y'.k. On obtient de même par bilinéarité :
f(u,v) = f(x.i + y.j + z.k , x'.i + y'.j + z'.k)
= f(x.i, x'.i + y'.j + z'.k) + f(y.j, x'.i + y'.j + z'.k) + f(z.k, x'.i + y'.j + z'.k)
= xx'.f(i,i) + xy'.f(i,j) + xz''.f(i,k) + yx'.f(j,i) + yy'.f(j,j) + ... + zy'.f(k,j) + zz''.f(k,k)
On voit ainsi, qu'une forme bilinéaire est définie par l'image des couples des vecteurs de base.
Afin de généraliser, on peut écrire : u de coordonnées x1, x2, x3, ..., xn au lieu de x, y, z, ..., v de coordonnées x'1, x'2, x'3, x'n au lieu de x', y', z', ..., et e1, e2, e3, ... au lieu de i, j, k, ... : la matrice de la forme bilinéaire symétrique f est alors :
M = (aij) avec aij = f(ei,ej) et aij = aji
C'est donc une matrice symétrique : les éléments placés symétriquement par rapport à la diagonale sont égaux. Le rang de cette matrice (dimension du s. e. v. engendré par ses vecteurs-colonnes) est le rang de la forme bilinéaire f. Ce rang est indépendant de la base choisie. On a :

L'ensemble des formes bilinéaires sur E est un espace vectoriel. Elles sont complètement déterminées par la donnée des f(ei,ej) : sa dimension est donc n2. Les formes bilinéaires symétriques sur E constituent elles aussi espace vectoriel. Elles sont complètement déterminées par la donnée des f(ei,ei) et des f(ei,ej) pour i < j car on peut écrire :

La symétrie permet d'affirmer que sa dimension est n + (n2 - n)/2 = n(n + 1)/2.
En notant encore u et v les matrices unicolonnes des coordonnées de u, la matrice transposée tu est la matrice ligne des coordonnées. On peut alors écrire :

Soit, plus explicitement :

| Déterminant d'ordre 2 : |
P désignant un plan vectoriel (espace vectoriel de dimension 2) sur un corps commutatif K, on note B = (i,j) une base de P. On appelle déterminant dans la base B, la forme bilinéaire et alternée sur P telle que f(i,j) = 1. On a donc, en notant V(x,y) et W(x',y') un couple de vecteurs de P exprimés dans la base B :
Au lieu de f, on note généralement detB un déterminant; on omet B s'il n'y a pas d'ambiguïté et selon la notation de Cauchy, on écrit :

K. Pour qu'un bivecteur de P soit
une base, il faut et il suffit que son déterminant, dans
une base quelconque de P, soit non nul.
Noter que, par linéarité que
detB(V + k.W,W) = detB(V,W
+ k.V) = detB(V,W).
Le
déterminant d'un couple de vecteurs (bivecteur)
dépend de la base choisie pour l'exprimer. Mais sa nullité n'en dépend
pas : la relation (det)
ci-dessus montre que
l'ensemble des formes bilinéaires alternées sur P est
un espace vectoriel sur K de dimension 1. Si B' est une
seconde base de P, il existe donc un scalaire k non nul de K
tel que :
Or detB'(B') = 1, donc k = detB(B'). C'est dire que si B et B' sont deux bases de P, alors detB = detB(B').detB'. En particulier : detB'(B) x detB(B') = 1, ou encore :
Déterminant d'une matrice carrée :
Si
est une matrice
carrée d'ordre 2,
on appelle déterminant de M le nombre ad - bc et on
écrit :

Lorsque M
est la matrice, relativement à B, d'un
endomorphisme f : f est
bijective (automorphisme si et seulement si det M
0
et on vérifie facilement que la matrice de
l'application réciproque f-1 est, relativement à B, la
matrice notée M-1 :

Dans le cas d'un système linéaire 2 x 2 :

on aura :
matrice
inverse : cas général

Voici un résultat fondamental :
|
Soit f un endomorphisme de P et MB la matrice de f dans une base B; on appelle déterminant de f, et on note det(f), le déterminant de la matrice MB. Ce déterminant, contrairement à celui d'un bivecteur, ne dépend pas de la base B choisie. |
Pour tout forme bilinéaire alternée f, notons h : (v,w)
f(f(v),f(w)). On définit ainsi manifestement une forme bilinéaire alternée sur P. L'application Hf qui à f associe h donc linéaire dans l'espace vectoriel A des formes bilinéaires alternées sur P; cet espace étant de dimension 1, Hf est donc une homothétie de P dont le rapport , par définition de Hf , ne dépend que de f. Soit k ce rapport : pour tout f de A, on a donc Hf (f) = k.f et on peut calculer k en choisissant f = detB où B est une base (i,j) de P. On a d'une part : [Hf (detB)](i,j) = detB[f(i),f(j)] = det(MB) et, d'autre part : [Hf (detB)](i,j) = k.detB(i),j) = k.detB(B) = k x 1 = k. Le scalaire k ne dépendant que de f, det(MB) = k, ne dépend pas de B.
Remarque
: on vient de
montrer aussi que si f est linéaire et si
f
est une forme bilinéaire alternée quelconque, on a
:
_____________
Quelques résultats sous formes d'exercice _____________
6. f et g désignant deux endomorphismes de P, montrer que :
on déduit de ces résultats des égalités
semblables en passant aux matrices des endomorphismes
considérés comme :

7. On considère le système d'équation ax + by = m , cx + dy = n

Cas général : Système de Cramer , Théorème de Rouché-Fontené & déterminants caractéristiques
8. On considère la fonction rationnelle f définie par :

Montrer que la fonction dérivée peut s'écrire :
| Formes trilinéaires et déterminant d'ordre 3 : |
E désignant un espaces vectoriel sur un
corps commutatif K qui sera ici R ou C. Une forme f : (x,y,z)
f(x,y,z), de E vers K, est dite trilinéaire
si elle est linéaire par rapport à x, y et z. En d'autres termes,
les applications si fyz: x
f(x,y,z), fzx: y
f(x,y,z) et fxyz: z
f(x,y,z) sont linéaires.
En effet, par linéarité par rapport à V :

Or, W = Syj.ej , par suite :

On a donc :

Et on arrive au résultat annoncé en utilisant de la même manière la linéarité par rapport à Z.
Une forme trilinéaire est dite alternée
si elle s'annule lorsque 2 au moins des vecteurs x, y et z sont égaux.
Comme en dimension 2, une telle forme est aussi antisymétrique, en échangeant la place de deux vecteurs dans le triplet (V,W,Z),
la forme change de signe.
pour s'assurer de cela,
calculer f(V + W,V + W,Z).
Si B = (i,j,k) est une base de E, on appelle déterminant dans la base B, l'unique forme trilinéaire alternée f vérifiant f(i,j,k) = 1. Comme dans le cas de la dimension 2 (déterminant d'ordre 2), on note detB plutôt que f.
|
Si V(x,y,z), W(x',y',z') et Z(x",y",z") sont des vecteurs de E exprimés dans la base B, on a, avec la notation usuelle des déterminants : ![]() |
Développement de Sarrus +
:
Indépendance de deux vecteurs de l'espace :
![]()
Noter que, par
linéarité que
detB(V + k.W,W) = detB(V,W
+ k.V) = detB(V,W). Cette propriété permet
de simplifier le calcul de déterminants en faisant apparaître, par combinaison
linéaire, des zéros dans les colonnes.
Dans
le calcul du déterminant d'ordre 3, il ne reste que les
coefficients des six permutations de (i,j,k). si
l'une vaut k, les autres vaudront k ou -k. C'est dire que l'ensemble
des formes bilinéaires alternées sur E est un espace
vectoriel sur K de dimension 1. Ceci montre ici encore que le
déterminant d'un triplet de vecteurs
(trivecteur)
dépend de la base choisie pour l'exprimer et on a, comme
en dimension 2 :
Les définitions et résultats vus en dimension 2 se retrouvent en dimension 3. En particulier :
Pour qu'un trivecteur de E soit une base, il faut et il suffit que son déterminant, dans une base quelconque de E, soit non nul.
| Déterminant mineur et calcul d'une matrice inverse : |
Étant donné une matrice carrée M = (aij), on appelle déterminant mineur (ou simplement mineur) du terme aij, le déterminant dij de la matrice obtenue en supprimant la ligne i et la colonne j de M.
Afin
que cette définition soit générale, on accepte
d'appeler déterminant d'ordre 1 un scalaire
quelconque. Cela revient à poser, pour toute droite
vectorielle (espace vectoriel de dimension 1) engendrée par un
vecteur u, detu(V)
= k, si V = k.u.
Dans ces conditions, on démontre que la matrice inverse de M = (aij) peut s'obtenir de la façon suivante :
![]()
|
Exemple d'inversion (ordre 2) :
étape 1 :
det(M) = 3
étape 2 :
|
|
étape 1 :
det(M) = -4
étape 2 :
On
peut, là encore, vérifier que
M |
Étude d'un endomorphisme de l'espace ,
système linéaire 2
x 2 , système linéaire 3
x 3
Pour
en savoir plus :