
Né à Bâle
d'un père pasteur, Leonhard, esprit brillant étudia les lettres, la théologie et
la médecine et semblait, à 17 ans, voué aux ordres religieux. Les
Bernoulli étaient des amis de la famille et il fut l'élève de
Jean
Bernoulli qui persuada Euler père de laisser son fils
s'orienter vers les mathématiques. A 18 ans, il se faisait à l'Académie des sciences de Paris par
divers mémoires comme ceux sur la théorie des marées ou la propagation du son.
Introduits par les Bernoulli, il s'installa à Saint-Pétersbourg (1727) auprès de Pierre Ier le Grand et remplaça Daniel Bernoulli (1733) à l'Académie des sciences pour la physique et les mathématiques. Dès 1735, à la suite d'une congestion cérébrale, Euler perd l'œil droit.
Appelé à Berlin (1741) par Frédéric II, roi de Prusse, il présida l'Académie des sciences jusqu'en 1766 (c'est Lagrange qui lui succédera). Il fut nommé membre associé de l'Académie des sciences de Paris (1755). Vers la fin de sa vie, alors aveugle, il revint à Saint-Pétersbourg invité par Catherine II. Il est sans doute un des plus grands mathématiciens de tous les temps.
Son œuvre est considérable. Euler intervint dans les trois domaines fondamentaux de la science de son époque : l'astronomie (orbites planétaires, trajectoires des comètes), les sciences physiques (champs magnétiques, hydrodynamique, optique, nature ondulatoire de la lumière, mécanique des solides...), et les mathématiques, dans toutes ses branches, de l'arithmétique à la géométrie différentielle en passant par :
l'analyse numérique et fonctionnelle
la géométrie élémentaire et ses
transformations, comme l'affinité
Affinité
géométrique
les courbes et les surfaces algébriques
le calcul des probabilités
les premiers aspects de ce qui deviendra la théorie des graphes
la topologie.
Ses fils Jean-Albert (1734-1800), Charles
(1740-1790) et Christophe (1743-1812) furent aussi des
mathématiciens renommés à
Saint-Pétersbourg.
| Le célèbre Introductio in Analysin infinitorum (1748) : |
Dans cet immense traité, Euler procède à une vaste synthèse des connaissances en matière d'Analyse qu'il construit au moyen du concept de fonction sans le soutien géométrique ou mécanique. Les fonctions trigonométriques, logarithmes et exponentielles s'avèrent étroitement liées :
Si y =
ax, fonction exponentielle de base a, a > 0,
a
1 , alors x
est le logarithme de y dans la base a :
y = ax
x = loga
y
C'est à Euler que l'on doit l'écriture ci-dessous afin de définir le logarithme hyperbolique, dit de nos jours népérien, forgé sur le nom de John Napier (Neper), autrefois noté Log et noté aujourd'hui ln, pour tout x > 0 :
![]()
Justifier que : ax + x'
= ax
ax' et (ax)x' = axx'
puis résoudre le système suivant
sans passer par les
log :
2x-1 = 8y , 3x-10 = 9y-1
![]()
| Euler assoit l'usage définitif de : |
la notation p, première lettre du mot grec perimetron (périmêtron) signifiant contour, périmètre, qu'avait déjà utilisée Oughtred (dès 1657) et Jones (1706).
la notation e (dès 1727, il n'avait que 20 ans!) pour le fameux nombre dont le logarithme népérien est 1 (ln e = 1), souvent appelé nombre d'Euler : e comme exponentielle mais aussi comme Euler !
de la notation ex pour la fonction exponentielle, osé pour l'époque puisque e n'est pas rationnel.
ex = 1 + x + x2/2! + x3/3! + ... + xn/n! + ...
Pour x = 1, on obtient e = 2,7182818284590452353...
la
notation
i pour la "racine carrée" de -1
(1777), plus rigoureusement pour le nombre complexe dont le
carré est - 1; pourtant ancrée ultérieurement par
Gauss, cette notation aura cependant beaucoup de mal à
s'imposer, la notation
sera
souvent utilisée en fait jusqu'au 20è siècle !
Il est vrai
que la notation i est parfois ambiguë : en électricité, elle génère un conflit
avec l'intensité i d'un courant, raison pour laquelle les physiciens utilisent
j. Mais j est réservé en mathématiques à une des trois racines cubiques complexes de
l'unité, à savoir (-1 + i
3)/2.
Les deux autres sont j2 =
j et 1 lui-même.
Argand Racines n-èmes d'un nombre complexe :
de la notation Σ (Sigma, S majuscule grec) pour la sommation (1755) :

A ce propos, on utilise souvent les propriétés suivantes :
Plus généralement, avec trois ou un nombre quelconque de termes :
On a aussi la généralisation des identités remarquables :
Sommes d'Euler :
Prouver que si la suite (un) converge, alors il
en est de même de la suite (vn) définie par :

Indications : on
s'inspirera de la méthode employée pour prouver la convergence de la
somme de Cesaro.
|
Formules d'Euler (ou relations d'Euler) : |
Euler établit sa célèbre formule réalisant le lien entre la trigonométrie, l'exponentielle et l'analyse complexe :
eix
= cos x + i.sin x
justification
dont on déduit cette relation magnifique :
eip + 1 = 0
où apparaissent réunies dans une si simple expression les 5 nombres les plus célèbres de l'histoire des mathématiques. On en déduit :
Trois approches de la fonction exponentielle :
En savoir plus sur l'exponentielle... :
![]()
Amusant mais sans prétention, n'allons pas voir là une expression divine... :
Vérifiez que ce
nombre est presque entier... : ep
- p
(19,9990999...)
D'autres exemples ? voyez Ramanujan ou visitez la page d'Eric Weisstein sur les Almost integer.
| Constante d'Euler : |
Toujours dans son Introductio, Euler établit l'existence de la célèbre constante qui portera son nom :
![]()
où ln désigne le logarithme népérien. La série 1 + 1/2 + 1/3 +... +1/n + ... est la non moins célèbre série harmonique divergente.
La nature de C (aussi notée g , gamma minuscule grec : g), algébrique, irrationnelle, voire transcendante, est un problème ouvert. On en connaît aujourd'hui quelques 20 000 décimales. Rappelons que c'est parfois le nombre e, base des logarithmes népériens qui est appelé constante d'Euler.
Divergence de la série harmonique, étude et calcul
approché de la constante d'Euler
C
= 0,5772156649... :
L'analyse
fonctionnelle, le calcul des variations : |
Fondateur de ce qu'on appelle aujourd'hui l'analyse fonctionnelle (appellation due à Paul Lévy) il publiera de nombreux traités, précisera la notion de fonction et adoptera la notation f(x), également utilisée par Clairaut, pour désigner l'image par une fonction f d'un nombre x, plus adaptée que celle de Jean Bernoulli qui utilisait la notation fx.
Prolongeant les travaux des Bernoulli, Euler affine la notion de fonction dérivée, crée, avec Daniel Bernoulli, la notion d'équation aux dérivées partielles (1734) et développe le calcul des variations (Calculi Variationum, dès 1744) : recherche d'extremums sur des courbes ou surfaces, une des branches les plus fécondes de l'analyse. On pourra étudier en particulier sur ce site le problème de Didon et le brachistochrone.
Équation d'Euler-Lagrange, formule de
Beltrami :
![]()
| Équation caractéristique de l'équation différentielle du second ordre ay" + by' + cy = 0 : |
On doit à Euler la méthode de l'équation caractéristique dans la résolution générale de l'équation différentielle du second ordre
ay" + by' + cy = 0
équation intervenant dans des problèmes oscillatoires. Pour la forme non homogène : ay" + by' + cy = f(x), Laplace inventera la méthode de la variation de la constante afin d'exhiber une solution particulière.
Oscillation d'un ressort, type
ay" + by' + cy = 0 :![]()
On doit
à Euler une méthode de résolution approchée des équations différentielles
par discrétisation : on recherche la solution sous la forme d'un
nuage de point Mi(xi,yi)
permettant d'obtenir une approche fiable de la courbe intégrale
(représentative de la solution fonctionnelle exacte).
La première étude des surfaces abordée en termes de géométrie différentielle : |
La difficile étude des surfaces est entreprise par Euler grâce à l'apport du calcul différentiel et intégral. Au 19è siècle Gauss et Riemann (tout particulièrement) se pencheront sur cette difficile théorie.
| Fonctions (ou intégrales) eulériennes, les fonctions G (gamma) et b (bêta) : |
En 1755, Euler publie un traité de
calcul différentiel et intégral (complété
en 1768 : Institutiones calculi integralis) où l'on y rencontre les fonctions
(ou intégrales) dites aujourd'hui eulériennes dont la plus connue, la fonction
G (le G
grec : gamma, ainsi nommée par Legendre)
dite intégrale eulérienne de seconde espèce ,
définie pour tout nombre x > 0 par :
Si x est entier, alors :
Ce résultat provient de G(1) = 1 et de la relation de récurrence que l'on prouve facilement par intégration par parties :
G(x + 1) = xG(x)
En savoir plus sur la fonction
G :
Correction de la formule de Stirling :
![]()
Moins
célèbre, mais pratique pour l'intégration de certaines
fonctions rationnelles, est la
fonction
b (appellation due à Legendre)
aussi appelée intégrale eulérienne de première espèce. Avec x > 0 et y > 0 :
Si l'intégrale est calculée non plus sur [0;1] mais sur un intervalle [0;x] avec 0 < x < 1, on parle de fonction b incomplète, notée bx.
| Nombres de Fermat, nombres parfaits, nombres premiers : |
Euler prouva également (1732) la non primarité (en général) des Fp de nombres de Fermat, à savoir de la forme :

liés à ceux de Mersenne (forme 2n - 1) en montrant que F5 = 232 + 1 = 4 294 967 297 est divisible par 641. S'attaquant au fameux grand théorème de Fermat, il le prouva pour le cas n = 3.
Euler exhiba (1772) le polynôme x2 + x
+ 41 qui, pour x variant de 0 à 39, ne fournit que des
nombres premiers.
A
vérifier à la main ou sur tableur ! Étudier aussi (encore proposés par Euler) :
x2 + x + 17 et 2x2 + 29
Moins rigolo :
Prouver qu'un
polynôme à coefficients entiers ne peut fournir indéfiniment des nombres
premiers pour des valeurs entières.
Indications :
soit xo tel que P(xo) = p premier. Justifier que P(xo + px)
≡ P(xo) [p].
On en déduit que P(xo + px)
est divisible par p quel que soit x. Conclure.
congruences
Reprenant un célèbre problème arithmétique de Pythagore, présent dans les Éléments d'Euclide, Euler étudie les nombres parfaits , c'est à dire égaux à la somme de leurs diviseurs propres, comme 6, 28, 496, ... (un diviseur propre d'un nombre entier est un diviseur de ce nombre autre que lui-même).
Euler conjectura et prouva le résultat suivant :
Un entier pair est parfait si et seulement si il est de la forme 2n-1(2n - 1) et 2n - 1 est premier
L'entier 8128 = 26(27 - 1) est ainsi le quatrième nombre parfait pair (trouvé par Nicomaque), le cinquième est 33550336 avec n = 13. Rappelons que l'existence de nombres parfaits impairs est un problème ouvert.
| Indicateur d'Euler ou totient d'Euler ou fonction indicatrice d'Euler ou fonction φ : |
Il s'agit de l'application, traditionnellement notée φ, qui à tout entier naturel n non nul associe le nombre d'entiers naturels inférieurs à n et premiers avec n :
φ(n) = Card {k, k
N,
1 ≤ k ≤ n - 1, pgcd(k,n) = 1}
En anglais, on parle de
totient function, du latin totiens
= tant de fois, proche de quotiens = combien de
fois, mais d'usage interrogatif, qui a donné
quotient en français et en anglais : chercher le
quotient de n par p c'est chercher combien de fois
"il y a p dans n".
Si n est un entier naturel non premier pour lequel φ(n) divise n - 1, alors n est un nombre de Carmichael :
| L'identité d'Euler également appelée produit eulérien : |
Si s désigne un réel, s > 1, la série de terme général 1/ns est convergente. Par des considérations relativement simples, Euler la transforme en un produit infini :

où P désigne l'ensemble infini des nombres premiers : P = {2, 3, 5, 7, 11, ...}.
Cette identité devait amener Riemann à définir et étudier les fonctions z (lire zéta ou dzéta) afin de mieux connaître la distribution des nombres premiers dans l'ensemble des entiers naturels. Euler obtint en particulier la somme z(2) = p2/6. D'après un calcul de Cesaro, l'inverse de ce nombre apparaît comme étant la probabilité de choisir au hasard deux nombres entiers naturels premiers entre eux.
Euler établit (1736) un lien entre les nombres de Bernoulli et les fonctions z de Riemann.
Pour
en savoir plus :
| Produit infini et calcul de p : |
A noter cette belle formule d'Euler, dont celle de Wallis est un cas particulier pour x = 1/2 :
| Polynômes et nombres d'Euler : |
Dans l'étude
de développements en série, Euler fait
état d'une famille de polynômes x
En(x), de degré n, de fonction dérivée E'n, vérifiant
la formule de récurrence :
On a ainsi :
Eo(x) = 1;
E1(x) = x - 1/2;
E2(x) = x2 - x;
E3(x) = x3 - 3x2/2 + 1/4;
E4(x) = x4 - 2x3 + x;
On retrouve ces polynômes dans
le développement en série entière de la fonction hx
de la variable t, définie par :
. En posant :
![]()
les nombres en définis par en = 2n x En(½) sont appelés nombres d'Euler. On constate que les e2n + 1 sont tous nuls. Les e2n se retrouvent tant dans le développement en série de la fonction sécante, notée sec définie par sec x = 1/cos x que dans celui de la fonction sécante hyperbolique, notée sech définie par :
![]()
où cosh x désigne le cosinus hyperbolique de x : on remarque que sech(x/2) = h1/2(t). Les signes des e2n sont alternés et on a :
eo = 1 , e2 = -1 , e4 = 5 , e6 = -61 , e8 = 1385 , e10 = -50521 , ...
![]()
![]()
Nombres d'Euler et nombres ZigZag :
Nombres
de Bernoulli :![]()
|
Les nombres négatifs, les nombres complexes : un statut enfin reconnu ! |
En 1770, Euler publia en allemand (le latin est de plus en plus révolu dans les publications scientifiques) une Introduction complète à l'algèbre (Vollständige Einleitung zur Algebra) où l'on peut considérer que, malgré quelques rebelles, tout sera dit quant aux nombres négatifs et à leur statut de véritable nombre, statut conforté et définitivement entériné avec Gauss (le qualificatif semble apparaître pour la première fois chez Jean de Beaugrand en 1638).
De même, les nombres imaginaires (le qualificatif complexe nous vient de Gauss avec la forme a + bi), sont définis et leurs propriétés étudiées.
Euler concevait déjà la notion de nombre transcendant, voire de fonction transcendante, que l'on ne peut obtenir qu'au moyen de séries convergentes ou par le biais de fractions continues comme p, e, ln 2 et plus généralement ex, sin x, ln x,...
Cependant, R n'étant pas encore construit, les notions de limite, de différentielle et de convergence restent encore approximatives. Le concept de continuité n'est pas encore exhibé ni, a fortiori, celui de continuité uniforme pouvant assurer, dans le cas d'une série convergente de fonctions, la continuité de la somme. Ces préoccupations apparaîtront tout particulièrement dès le début du 19e siècle avec Bolzano, Cauchy, Abel, puis Riemann et Weierstrass.
Le développement du calcul
différentiel et intégral répond à la
volonté de résoudre efficacement les grands
problèmes scientifiques : l'aube du siècle des
lumières est celle de la technologie (mécanique,
hydraulique, production d'énergie : vapeur,
électricité). Il s'agit de comprendre les lois de la
nature, du mouvement (vitesse, accélération,
extremums).
| Droite d'Euler, Cercle des neuf points, dit cercle d'Euler : |
Il semble que Euler soit le premier à avoir
remarqué que le centre de gravité G d'un triangle, son cercle circonscrit O et
son orthocentre H sont alignés : droite d'Euler. Le cercle dit des
neuf points, également nommé cercle
médial fut improprement baptisé cercle d'Euler. On l'appelle
également cercle de
Feuerbach. Il devrait s'appeler
cercle de Brianchon (
note ci-après).
Cercle des neuf points :
Étant donné un triangle ABC d'orthocentre H, le cercle passant par les pieds A', B', C' des médianes, passe également par les pieds A1, B1, C1 des hauteurs et les milieux K, L et M de AH, BH et CH. Son centre W est le milieu de [OH] (O étant le centre du cercle circonscrit). Son rayon est la moitié de celui du cercle circonscrit.
Droite et relations d'Euler :
1/ Si le triangle ABC n'est pas équilatéral, la droite (OH) contient G, centre de gravité du triangle ABC, ainsi que W. En fait, il s'agit plutôt d'une (autre) droite de Simson... Avec les notations de la figure et en utilisant la notation italique gras pour les vecteurs, on a :
OH = 3OG
et vu que GA + GB + GC
= 0, (
centre de gravité du triangle)
cette relation peut s'écrire :
Ces
deux derniers résultats semblent avoir été énoncés dans sa mécanique des solides : Theoria motus corporum solidorum
(1765). Selon Coxeter &
Greitzer, Euler ne s'intéressa qu'à la propriété de cocyclicité du
cercle orthique
(passant par le pieds des hauteurs) et du
cercle complémentaire (passant par les pieds
des médianes). Brianchon, en 1820, et
Poncelet, l'année suivante, apportèrent chacun une preuve de
l'existence du cercle des neuf points.
Feuerbach
compléta ces résultats par son
théorème relatif aux cercles exinscrits.
2/ En utilisant la notation italique gras pour les vecteurs, elle exprime que pour tous points A, B et C de la droite, du plan ou de l'espace, on a la relation :
MA.BC + MB.CA + MC.AB = 0
Le point (.) désigne ici le produit scalaire. La preuve de ce résultat est très simple en utilisant la formule de Chasles, comme BC = MB - MA.
| Théorème de Euler-Descartes pour les polyèdres convexes, caractéristique d'Euler-Poincaré : |
Cette belle formule, dite souvent de Euler (1752) est due en fait, d'après Hilbert, à Descartes et sera complètement établie par Cauchy (1805) :
S - A + F =
2où S, F et A désignent respectivement le nombre de sommets, de faces et d'arêtes. De cette formule, on déduit facilement qu'il n'y a que cinq polyèdres réguliers convexes.
Voici
la preuve apportée par Lucas
:
Considérons une surface polyèdre convexe et ouverte, illustrée à gauche. Son contour est une ligne brisée plane ou gauche. Avec les notations ci-dessus, montrons que nous avons F + S = A + 1 en procédant par récurrence sur le nombre de faces F.
La formule est vraie pour un polygone car alors F = 1 et il y a autant de sommets (S) que d'arêtes (F).
Si la formule est acceptée pour F faces, montrons qu'elle est vraie pour F + 1 faces :
Adjoignons à notre surface ouverte une face supplémentaire : soit n le nombre de côtés d'une telle face et p le nombre d'arêtes communes avec notre surface initiale.
|
On a :
F' = F + 1 |
D'où :
|
Ce qui montre que la formule F + S = A + 1 est vraie quel que soit le nombre de faces d'une surface polyèdre.
Considérons maintenant un polyèdre convexe. Retirons-lui une face. C'est une surface polyèdre. Ce faisant, le nombre d'arêtes et de sommets n'a pas changé et on a donc (F - 1) + S = A + 1, il s'agit bien de la formule annoncée F + S = A + 2.
Ce théorème est en fait un premier résultat de topologie combinatoire qui sera développée par Poincaré et Fréchet avant de prendre le nom de topologie algébrique avec Hopf. Concernant des variétés topologiques, surfaces n-dimensionnelles, sur lesquelles on définit des sommets, des faces et des arêtes, on obtient une formule généralisée dite caractéristique d'Euler-Poincaré ou invariant d'Euler-Poincaré car la formule est invariante par transformations continues.
La formule d'Euler se retrouve également en théorie des graphes (
également
ci-après) dans lesquels, outre les sommets
et les arêtes, on peut définir la notion de face.
Notion de topologie combinatoire et
algébrique :
Formule d'Euler pour les graphes :![]()
Pour
en savoir plus :
La preuve de Lucas et autres développements dans le n° 4 de juin 1990 de la revue Quadrature.
Formule d'Euler et polyèdres de Platon (animation), site de Gérard Chevet : http://gc.saliege.fr/
Une démonstration
élégante de la formule d'Euler fut donnée par
André Delachet dans
La géométrie contemporaine,
Collection Que Sais-je, n°401,
P.U.F., 1950.
Quelques remarques sur la
démonstration, par Rudolf Bkouche dans
La démonstration mathématique
dans l'histoire
p. 115-119 -
Ed. IREM de Besançon.
Courbure et caractéristique d'Euler-Poincaré d'une
surface triangulée :
http://www.math.ens.fr/culturemath/maths/pdf/geometrie/triang.pdf
| Les prémisses de la théorie des graphes : |
Précurseur avec Leibniz de la théorie des graphes et de la topologie, Euler résolut (1735) le problème des sept ponts de Königsberg (aujourd'hui Kaliningrad, Fédération de Russie) :

Partant d'un point de la ville, peut-on se promener, en revenant à son point de départ, en passant une seule fois par tous les ponts ?
La réponse est non... graphe eulérien,
théorie des graphes :
Berge ,
Cayley
Quelques exercices niveau Ter ES :
non corrigés ,
corrigés ,
niveau Sup : Hérédité
| Autres travaux : |
Euler intervint également en
analyse
statistique (problèmes d'ajustement)
dans son traité des Inégalités du mouvement
de Saturne et Jupiter :
Mayer.
Diagrammes
d'Euler-Venn :
Venn.
Formule du binôme généralisée, parfois attribuée à Euler.
__________________________
Réponse exo :
on peut écrire 8 = 23 et 9 = 32;
donc : 2x-1 = (23)y
= 23y et 3x-10 = (32)y-1 = 32y-2;
on a donc tout simplement : x - 1 = 3y et x - 10 = 2y - 2, d'où x = 22 et y =
7.

Ancien billet de 10 francs suisses à l'effigie
de Euler, émis en 1976.