
Né
prématuré dans une famille d'exploitants agricoles, Isaac Newton ne connut
pas son père, décédé avant sa naissance. Sa mère se remaria, laissant son fils
de santé fragile à la garde de sa grand-mère. Avec l'aide de son oncle et
de son maître d'école, il put entrer au Trinity College de Cambridge, voué à une
carrière d'agriculteur.
Mais Newton s'intéresse à la mécanique céleste et grâce au soutien de son professeur à Cambridge, Isaac Barrow, auquel il succède à seulement 26 ans, il devient l'illustre physicien, philosophe et mathématicien, aujourd'hui universellement connu. Président de la Royal society (1703), il fut fait chevalier en 1705. Ce grand savant est inhumé à l'abbaye de Westminster.
La fin du 17e siècle marque la fin de l'inquisition
en Europe et il
sut allier les progrès de la science aux idées théologiques de son temps.
à noter que les premières
publications de Newton,
dès 1669, furent des rédactions de résultats de
son maître.
Newton
étudia les lois de la chaleur : on lui doit les lois de la thermodynamique.
Il fut décomposa la lumière blanche (1669) et fut le constructeur (1671) du télescope à réflexion, inventé par Gregory 8 années plus tôt, et bien supérieur, en qualité d'observation, à la lunette astronomique de Galilée : le télescope utilise comme objectif un miroir parabolique (concave à l'époque de Newton) concentrant la lumière en son foyer et renvoyé dans l'œil de l'observateur par un petit miroir plan.
| Newton, père de la gravitation universelle (1687) : |
Dans
ses Philosophiae Naturalis Principia Mathematica
(Principes mathématiques de philosophie naturelle, 1687), Newton formule la célèbre loi selon laquelle les corps
célestes s'attirent entre eux suivant une force
d'intensité proportionnelle à leurs masses m et m' et
inversement proportionnelle au carré de la distance d qui les
sépare : F = kmm'/d2. Connue sous le nom de principe (ou théorie)
la gravitation universelle, cette
hypothèse permet d'établir la seconde loi de Kepler.

Selon la
légende, Newton aurait découvert la loi de la gravitation en observant tomber
une pomme. Mais il faut savoir que le
physicien et astronome anglais Robert Hooke (16351703) travailla sur le sujet
et on lui attribue la paternité de cette loi qu'il ne sut étayer rigoureusement.
Noter l'analogie :
la loi de Hooke exprime que la
déformation d’un solide élastique est proportionnel à la contrainte qu'il subit
et dans le cas d'une barre de métal soumise à une force de traction,
l'allongement a est inversement proportionnel à sa section, donc de la
forme a = k/r2 (barre cylindrique de rayon r) ou a =
k/c2 (barre de section carrée).
C'est dans les Principia qu'apparaît pour la première fois la locution mécanique rationnelle pour désigner l'étude théorique des lois régissant le mouvement, se distinguant de la mécanique (tout court) en tant que technologie s'appliquant aux mécanismes des machines. Noter que mécanique provient du grec mêkhanikos = ensemble des pièces constituant une machine et mêkhanê = machine...
Notion de potentiel
:
Le
newton,
unité de force :![]()
| L'aube du calcul différentiel et intégral, le calcul des fluxions : |
En
mathématiques, Newton étudia les travaux de Wallis
relatifs aux courbes planes et à leurs tangentes. Il étudiera en particulier les
courbes algébriques du 3ème ordre et
étudiera leur classification.
Poursuivant ainsi les travaux de son maître Barrow, Newton peut être considéré, avec Leibniz, comme le père du calcul infinitésimal (calcul différentiel et intégral) qu'il expose dans son traité intitulé Methodus fluxionum et serierum infinitarum soit Méthode des fluxions et des séries infinies en 1671 (séries devient suites dans la traduction française !?...).
Cette paternité est à l'origine de graves différends entre
les deux grands mathématiciens. L'histoire semble prouver que Newton, qui accusa
Leibniz de plagiat, semble avoir été de très mauvaise foi.
Dans le document ci-contre, de la BnF, vous pourrez zapper la préface en cliquant sur ce lien.
Cependant, les notions de "limite" et de "dérivée" d'une fonction (qualifiée de fluente) ne sont pas encore explicitées. Par le biais de la mécanique, on s'intéresse au comportement local des courbes planes par l'étude de leurs tangentes et de leur pente : fluxion. Certes voisin de la notion actuelle de dérivée et du dy/dx introduit par Leibniz avec la géniale notion de différentielle, le concept de fluxion est une approche mécanique et géométrique, non analytique. Efficace dans l'étude des courbes planes, les fluxions s'avérèrent peu commode dans ce qui deviendra "sur le continent" le calcul différentiel développé en particulier par les Bernoulli, d'Alembert, puis Euler.
Ce n'est qu'au 19è siècle, avec l'écossais James Ivory (1769-1842) puis, principalement l'anglais Robert Woodhouse (1773-1827) soutenu en particulier par Peacock, Babbage et John Herschel à l'université de Cambridge, que les fluxions sont définitivement abandonnées (vers 1820) au profit de notre calcul différentiel actuel imaginé par Leibniz.
| Formules de Newton d'interpolation par différences finies, dite aussi de Gregory-Newton : |
En cette aube du calcul différentiel, branche du calcul de l'infiniment petit, baptisé calcul infinitésimal, regroupant le calcul intégral et le calcul des variations, les mathématiciens, souvent brillants physiciens, cherchèrent à le mettre en œuvre dans la résolution de problèmes concrets conduisant à des équations différentielles dont les solutions ne s'obtenaient pas quadrature (résultat d'un calcul intégral).
Les quantités finies s'opposent alors aux quantités infinitésimales infiniment petites. Par différence finie, on entend alors la différence de deux quantités finies. Écrire :
![]()
pour h "petit" (mais non infiniment petit...), fournit une approximation de la dérivée première d'une fonction f par différences finies, rapport Df/Dx de l'accroissement de f pour un petit accroissement Dx = (x + h) - x de la variable.
La précision de l'approximation dépend du bon choix de h : trop grand, l'approximation sera très grossière, trop petit, l'approximation sera difficilement calculable eu égard à la forme 0/0 (de nos jours : erreurs d'arrondi de la calculatrice ou de l'ordinateur).
Calcul approché d'un nombre dérivé :
![]()
Les différences finies de Newton s'utilisent encore de nos jours pour calculer, sur ordinateur, des nombres dérivés f
(n)(xo) : pour i entier et de "petites" valeurs de h, on pose :
- xi = xo + ih , yi = f(xi)
- Dk+1fi = Dkfi+1 - Dkfi avec D1fi = yi+1 - yi
Lorsque h devient infiniment petit, il apparaît que la limite du rapport Dkfo/k!hk n'est autre que f(k)(xo), nombre dérivé k-ème de f au point xo.
![]()
Pour s'en convaincre : calculer D2fo/2h2 et comparer au
calcul
approché de f "(x).
On
remarquera que si f est une fonction dérivables de deux variables, une
approximation de la dérivée partielle
f/
x
en un point (xo,yo)
peut être obtenue par :

Avec ses fluxions, son interpolation par différences finies et sa méthode d'intégration terme à terme (interprétée en tant que aire sous la courbe), Newton annonce la très prochaine formule de Taylor (1715).
Approche de la méthode d'Euler
pour la résolution de l'équation différentielle y' = f(x,y) :
| Formule du binôme de Newton, identités remarquables : |

Cette formule fournit les identités remarquables apprises dès le collège. Au delà de n = 3, on utilise le triangle de Pascal afin d'obtenir rapidement la séquence des combinaisons présentes dans le développement.
Par exemple :
(a + b)2 = C2o a2bo + C21 a1b1 + C22 aob2 = a2 + 2ab + b2
(a + b)3 = C3o a3bo + C31 a2b1 + C32 a1b2 + C33 aob3 = a3 + 3a2b + 3ab2 + b3
(a + b)4 = C4o a4bo + C41 a3b1 + C42 a2b2 + C43 a1b3 + C44 aob4 = a4 + 4a3b + 6a2b2 + 4 ab3 + b4
En particulier :
(1 + 1)n = Cn0 + Cn1 + Cn2 + ... Cnn-1 + Cnn = 2n
Pascal et l'analyse combinatoire :
![]()
On suppose x est positif et (x + 1/x)2 = 5.
Sans chercher à calculer x, calculer x3 + 1/x3.
Rép. : x3 + 1/x3
= 2
5
Même question lorsque (x + 1/x)2 = 3. Bizarre. Où est l'erreur
?
| La série du binôme : |
Poursuivant des travaux de
Wallis, Newton établit la série dite du binôme pour des exposants m fractionnaires, Euler en prouva la convergences pour tout x vérifiant | x | < 1 :
m étant
fractionnaire, la somme s'étend jusqu'à l'infini et on remarquera que la formule
est vraie pour m entier et prend fin dès que k = m + 1; on retrouve alors la
formule du binôme énoncée plus haut. Pour m = 1/2, on obtient la racine carrée
de 1 + x qui ne converge que pour | x |
1. Les plus courageux pourront
vérifier que, sauf erreur :
![]()
soit :
| Le développement en série des fonctions usuelles : |
![]() |
Après les premiers résultats obtenus par Gregory et Mercator concernant les fonctions ln(1 + x) et Atan x (Arc tangente), Newton obtient les premiers développements en série des fonctions élémentaires comme sin x, cos x, Arc sin, Arc cos et la fonction exponentielle, que Euler notera ex. Les travaux de Newton sur ces développements en série débutent vers 1670, mais ses résultats seront édités beaucoup plus tard, certains même en 1736, après sa mort. Les conditions de convergence ne sont toutefois pas précisées. Leibniz, son "rival" du continent, obtiendra indépendamment les mêmes résultats. |
sin x = x - x3/3! +
x5/5! - x7/7! + ...
cos x = 1 - x2/2! +
x4/4! - x6/6! + ...
Autres
développements "usuels"
tan x = x + x3/3 + 2x5/15
+ 17x7/315 + ...
Pour info :
| Amélioration des notations algébriques usuelles : |
Concernant les exposants, Newton à la suite des premiers
usages commis par Wallis
et Descartes,
propose (1676) l'usage définitif des notations
an ,
a-n
(pour 1/an) ,
a1/2 pour
a,
a1/3 pour la racine cubique que l'on notait alors souvent
3a
ou
c
a. Au milieu du 18è siècle, la notation
3
a
deviendra courante.
Cette
notation moderne de la racine cubique semble due à Thomas
Fantet de Lagny (1660-1734),
mathématicien, professeur d'hydrographie, membre de l'Académie
des sciences (1696), dans son traité : Analyse générale
des méthodes nouvelles pour résoudre les problèmes
(1733).
|
Méthode de Newton-Cotes
:
|
Cette méthode s'applique au calcul approché d'une intégrale par une interpolation polynomiale de la fonction à intégrer. Lorsque le polynôme est de degré 1 (resp. degré 2), la méthode prend le nom de méthode des trapèzes (resp. méthode de Simpson).
| Méthode de Newton, dite aussi de Newton-Raphson ou méthode des tangentes : |
Cette
méthode porte sur la résolution approchée des équations numériques de la forme
f(x) = 0 lorsque f s'avère dérivable au voisinage du zéro a cherché.
xn+1 = xn - f(xn)/f '(xn)
Méthode des tangentes :
Rapshon
Trois
autres méthodes célèbres : la méthode
des sécantes de Lagrange,
la méthode
dichotomique de Bolzano
et sa variante pratique des pas décimaux.