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Initiée par Euler, avec le célèbre problème des 7 ponts de Königsberg, les applications de la théorie des graphes et de la recherche opérationnelle sont aujourd'hui immenses tant au plan civil que militaire : aide à la décision, stratégie, optimisation (plus court chemin, GPS, coût minimal), réseaux de transports : chemins de fer, métropolitain, lignes aériennes, électricité, gaz, oléoducs (transport de l'énergie), Internet (réseau de l'information), ports et aéroports, ordonnancement des tâches, etc.
La théorie des graphes n'est pas une branche indépendante des mathématiques, elle se rattache à la programmation linéaire, la programmation convexe (où le concept plus général de fonction convexe remplace les fonctions linéaires et affines), la topologie, le calcul des probabilités. Depuis l'année 2002, une initiation à la théorie des graphes est donnée en classe Terminale ES dans son enseignement de spécialité.
Contemporains de Berge, R. Faure et A. Kaufmann en France, F. Harary, Ford Lester Randolph Jr. aux États-Unis, le polonais Kuratowski et le hongrois Erdös, sont également considérés comme les leaders du développement de la théorie des graphes et de ses applications au 20è siècle.
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Sommets, ordre, arêtes, arcs, graphe orienté ou non : |
Abstraitement,
un graphe est la donnée d'un certain nombre de points du plan, appelés
sommets, certains étant reliés par des
segments de droites ou de courbes (simples) appelés arêtes,
la disposition des sommets et la forme choisie pour les arêtes n'intervenant
pas. Le nombre de
sommets du graphe est son ordre. Si on
nomme X l'ensemble des sommets et U l'ensemble des arêtes, un graphe G peut
se noter G = (X, U).
Il s'agit donc ici de
graphes plans
mais tout ce qui suit peut s'appliquer à
des graphes définis sur une sphère que l'on peut identifier à R2
par projection stéréographique. On ne
confondra pas un graphe plan avec un graphe planaire.
Par
courbe simple, on
entend un tracé continu sans point double : notion introduite par
Jordan. Des arêtes peuvent se
croiser, un sommet n'étant pas indiqué à l'intersection. Mais cela peut être
ambigu si le graphe a une allure "exotique" comme ci-dessous : à droite,
l'arête DC coupe l'arête DE par deux fois et il ne s'agit pas d'en profiter
pour filer vers E... Les deux graphes sont cependant licites et équivalents.

Avoir l'esprit tordu n'est pas nécessairement une tare, cependant cela peut entraîner des situations illicites : ci-dessous, l'arête DC possède deux points doubles : c'est illégal !

Si deux sommets consécutifs A et B sont reliés par une arête, on dira que l'on peut passer de A à B, à moins qu'un sens de parcours soit imposé. Dans ce cas, on parle de graphe orienté, les arêtes sont alors fléchées dans le sens de parcours autorisé et on parle d'arcs pouvant s'interpréter comme un couple (A,B) à distinguer de (B,A).
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Graphe symétrique, graphe antisymétrique, graphe d'une relation binaire : |
Ci-contre, graphe 2, on peut parler de l'arête (A,B) mais pas
de (B,A). Lorsque (A,B)
U entraîne
(B,A)
U, le
graphe est dit symétrique. Un graphe non
orienté s'interprète comme un graphe symétrique.
Lorsque (A,B)
U entraîne
(B,A)
U, le
graphe est dit antisymétrique.
Dans un graphe défini comme étant orienté, on doit
faire apparaître les sens de parcours sur chaque arête. Sauf indication contraire, un graphe sera considéré
comme non orienté et les arêtes peuvent être parcourues dans les deux sens.
Ce type de graphe peut se présenter dans des problèmes élémentaires de type
combinatoire. La plupart des applications de cette théorie conduisent à des
graphes orientés.
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Arêtes et arcs doubles : |
Dans le
cas d'un graphe orienté, le parcours entre deux sommets peut être à double
sens. On pourrait coder ce double sens comme sur le graphe2b et parler de l'arête AC, d'origine A, d'extrémité
C en convenant de distinguer l'arc AC de l'arc CA (comme pour les couples ou les vecteurs)
mais il est d'usage d'utiliser deux arcs afin d'éviter toute ambigüité.
Ce qui s'avère d'ailleurs indispensable par exemple dans le cas concret d'un trajet aller-retour sur deux routes différentes. Il peut aussi s'agir de débits aller-retour dans un pipe-line, etc.
Dans
le dénombrement des arêtes d'un graphe conduisant à des conclusions
sur la nature et les propriétés du graphe, le sens de parcours
n'interviendra pas, sauf mention contraire explicite. Les deux arcs AC et CA
représentées ci-dessus à droite sont comptabilisés comme une arête unique.
Cependant, on peut également concevoir deux arcs distincts reliant
deux sommets :
C'est le cas du problème des ponts de Königsberg, problème de cheminement posé par Euler en 1735, où il s'agit de distinguer les deux ponts reliant l'ile (secteur B) aux secteurs A et C de la ville. La question étant :
Partant d'un point de la
ville, peut-on
se promener, en revenant à son point de départ,
en passant
une seule fois par tous les ponts ?
Vérifier que le graphe de la situation se résume à quatre sommets. Il est non orienté puisque le promeneur peut circuler dans les deux sens (ce qui pourrait ne pas être le cas aujourd'hui, en voiture, avec la présence de sens uniques...). Les secteurs A et C sont de degré 3 (correspondant à 3 ponts chacun), l'île B est de degré 5 (elle reçoit 5 ponts) et D de degré 3.
Réponse à ce problème, graphe eulérien :
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Sommets adjacents, graphe complet, degré d'un sommet, chaîne, longueur, chemin : |

Deux
sommets d'un graphe sont dits adjacents
s'il existe une arête (ou un arc) qui les relie.
Un graphe est dit complet si deux quelconques de ses sommets sont adjacents.

Cela
revient à dire que l'une au moins des deux proposition
(A,B)
U et
(B,A)
U est
vraie.
Les graphes 3 et 4 ne sont pas complets. Les graphes 2 et 4a sont complets.
Le degré d'un sommet est le
nombre d'arêtes auxquelles il est relié.
Dans le graphe 1(haut de page), A est de degré 2, B et C sont de degré 1. Dans le graphe 2, tous les sommets sont de degré 2. Dans le graphe 4, E est de degré 4.
Propriété 1:
Dans un graphe non orienté, la somme des degrés des sommets est égale au double du nombre d'arêtes du graphe.
Une
chaîne de longueur
n est une suite ordonnée finie (liste) de n + 1 sommets
adjacents (n est donc le nombre d'arêtes de la chaîne).
BAC est une chaîne du graphe1 de longueur 2, d'origine B, d'extrémité C. Mais BCA n'est pas une chaîne.
Par contre BCA est une chaîne du graphe 5 ci-contre bien que les sens de
parcours sur BC et AC soient en opposition.
On appelle chemin une chaîne dont les sens de parcours successifs ne présentent pas d'opposition. Sur le graphe 5, ACDEB est un chemin.
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Distance, diamètre : |
On appelle distance entre deux sommets distincts la longueur de la plus courte chaîne qui les relie. La plus grande distance entre deux sommets est le diamètre du graphe.
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Boucle, chaîne fermée, chaîne élémentaire, chaîne simple, cycle, circuit, arbre : |
Dans des problèmes d'états transitoires (et/ou probabilistes) d'un système,
deux sommets adjacents peuvent représenter deux états possibles du système à
des instants différents. On peut envisager un état stationnaire pour
signifier que le système conserve le même état : il "boucle". Afin de
représenter cette situation sur un graphe, on utilise un arc circulaire (une
boucle) dont l'origine et l'extrémité ont
le même sommet. C'est le cas pour le sommet B du graphe 5.

Noter qu'une chaîne peut contenir plusieurs
fois une même arête (ou un même arc) : comme ADEADC ou ADECDA dans le graphe 4.
On peut aussi donner un nom aux arêtes (pratique dans un problème concret où une arête s'apparente par exemple à une voie de communication, un flux, etc.). Ci-contre, cas du graphe 6, la chaîne AEDCB peut s'écrire a/e/d/c.
Une chaîne est dite fermée si son origine coïncide avec son extrémité.
ADCBA est une chaîne fermée du graphe 4.
Une chaîne est dite élémentaire (resp. simple) si aucun de ses sommets (resp. arcs) n'apparaît plus d'une fois.
On appelle cycle une chaîne fermée et simple (constituée d'arêtes distinctes). La chaîne a/e/d/c/b du graphe 6 est un cycle.
Dans le graphe 6 ci-dessus BCACDEB est un cycle.
Un cycle peut rencontrer des arcs en opposition (sens de parcours opposé).
C'est par exemple le cas du cycle ACBDEB du graphe 6.
On appelle arbre un graphe
orienté ne possédant aucun cycle. Un graphe possédant plusieurs arbres
disjoints (graphe non connexe) prend le nom de
forêts. Cette définition d'un arbre est
celui connu des élèves de 1ères et terminales, relatif au calcul des
probabilités, et permettant d'obtenir une représentation logique du problème
rencontré.
graphe pondéré.

Bayes et probabilités conditionnelles :
![]()
On appelle circuit un cycle dont les sens de parcours successifs ne présentent pas d'opposition : chemin fermé et simple.
Les diagrammes sagittaux des relations binaires ne sont autres que des graphes. On peut le constater sur cet exemple (relation d'équivalence entre 4 points du plan). Les boucles sont la représentation de la réflexivité :

Rappelons encore ici que dans le
dénombrement des
arêtes d'un graphe conduisant à des conclusions sur la nature et les
propriétés du graphe, le sens de parcours n'interviendra pas, sauf mention
contraire explicite comme dans le cas des 7 ponts. Une
boucle n'est ni une arête ni un arc.
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Graphe eulérien ou chaîne eulérienne : |
Ainsi baptisé en l'honneur de Euler car il se rattache au contre-exemple célèbre de la situation des 7 ponts de Königsberg (1735), il s'agit d'une chaîne contenant une fois et une seule toutes les arêtes du graphe (ou les arcs dans le cas orienté). Si la chaîne est un cycle (resp. circuit), on parlera de cycle (resp. circuit) eulérien. Euler établit alors ce résultat énoncé ici en termes actuels :
Propriété 2 :
Un graphe connexe admet une chaîne
eulérienne (resp. un cycle eulérien) si et seulement si
le nombre de sommets de
degré impair est 0 ou 2 (resp. tous ses sommets sont de degré pair).
En utilisant la propriété P2, vérifier que l'on doit
répondre par la négative au problème des 7 ponts.
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Graphe hamiltonien ou chaîne hamiltonienne : |
Ainsi baptisé en l'honneur de Hamilton, il s'agit d'un chemin d'un graphe orienté contenant une fois et une seule tous les sommets du graphe. Si la chaîne est un cycle (resp. circuit), on parlera de cycle (resp. circuit) hamiltonien (l'origine et l'extrémité sont alors considérés comme un seul sommet).
Posé en 1859, le problème est de trouver des conditions afin qu'un graphe orienté contienne un chemin hamiltonien. Par exemple :
Théorème de Koenig-Redei :
Tout graphe complet admet un chemin hamiltonien.
Dénes König (ou Koenig, 1884-1944) et
Laszlo Rédei (1900-1980) sont des
mathématiciens hongrois issus de l'université de Budapest. Le premier obtint son
doctorat (1907) portant sur les groupes de rotations dans des espaces
multidimensionnels sous la direction de
Minkowski. Cherchant à élucider le célèbre problème des 4 couleurs (
Cayley), il en vient à s'intéresser à la
théorie des graphes qui deviendra l'objet principal de ses travaux. On lui doit
en particulier Théorie des graphes finis et infinis (Theorie der
endlichen und unendlichen Graphen, 1936). Le second s'intéressa
principalement aux structures algébriques (semi-groupes)
et à la théorie des corps de nombres.
Dans ce graphe complet d'ordre 4 ci-dessous, le chemin BACD est hamiltonien : tous les sommets ont été rencontrés en parcourant 4 arêtes (sur 6). CDBAC est un circuit hamiltonien.

Dans ce graphe, non complet d'ordre 5 ci-dessous, le chemin ADEBC est hamiltonien : tous les sommets ont été rencontrés en parcourant 4 arêtes (sur 8).

Chemin
hamiltonien sur un polyèdre
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Graphe connexe, sous-graphe, graphe partiel : |
Un graphe est dit connexe (ou simplement connexe) si deux sommets quelconques et distincts du graphe admettent au moins une chaîne qui les relie (il n' y a pas de sommet isolé).
On parle également de connexité forte
pour exprimer que par deux sommets quelconques il passe au moins un
circuit.
Il peut être utile de distinguer certaines parties d'un graphe : on appelle sous-graphe d'un graphe G = (X,U) un graphe G' = (X',U') où X' est un sous-ensemble de X et U' l'ensemble de toutes les arêtes de U reliant les points de X', sommets de G'. On parle de graphe partiel lorsqu'un sous-graphe est privé d'un certain nombre d'arêtes.

Composantes connexes :
La relation binaire définie sur l'ensemble X des sommets d'un graphe G = (X,U) par :
A
s B
(A = B) ou
(il existe une chaîne entre A et B)
est une relation d'équivalence
(réflexive, symétrique et transitive). Les éléments de l'ensemble quotient X/
s
des classes d'équivalence sont
les composantes simplement connexes de G. elles
constituent une partition de X.
Il en est de même de la relation :
A
f B
(A = B) ou
(il existe un circuit entre A et B)
dont les classes d'équivalence sont les composantes fortement connexes de G, constituant également. une partition de X.
Le graphe ci-dessous possède 3 composantes simplement connexes : H = {H} (classe réduite à H), E = {E,J} et A = {A,B,C,D,F}. Hormis E = {E,J} et B = {B,C,F}, ses composantes fortement connexes sont triviales : H = {H}, D = {D}, A = {A}
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Graphes planaires, face d'un graphe : |
L'arc BD
du graphe ci-contre rencontre l'arc AC. Cette intersection est virtuelle car
à l'intersection, il n'y a pas de sommet indiqué. En quelque sorte l'arc BD
passe au-dessus (ou au-dessous) de l'arc AC.
En déplaçant D, on obtient une représentation planaire (graphe obtenu ci-dessous) :
on qualifie ainsi un graphe pouvant être représenté dans le plan par changement de position : déplacement "élastique" éventuel d'un ou plusieurs sommets (on parle plus précisément, comme en topologie, d'homéomorphisme) de sorte que :
les sommets apparaissent distincts;
les arêtes sont des courbes simples (pas de point double ou multiple);
les arêtes ne se rencontrent qu'en leurs
extrémités.

rappelons
ici encore que deux arcs
orientés, comme AD et DA constituent une même arête !
Face d'un graphe :
On appelle face d'un graphe G tout cycle de G de longueur au moins égale à 3 ne contenant en son intérieur aucun sommet et aucune arête. Par convention, le contour extérieur d'un graphe connexe planaire est considéré comme une face, dite face extérieure ou face infinie.

Théorème de Fary (1948) :
Si un graphe s'avère planaire, il a été prouvé que les arêtes, qui peuvent être en zig-zags, en lignes brisées, etc. (courbes de Jordan), peuvent se réduire à des segments de droites. C'est en fait un résultat de topologie différentielle
Istvan Fary, mathématicien hongrois,
1922-1984. On trouvera sur le site
Numdam quelques publications en français de ce mathématicien
Vérifier par
déplacement des sommets que le graphe ci-dessous, d'aspect "cubique", est planaire
:
C'était trop
facile ! Vérifier par
déplacement des sommets que le graphe ci-dessous est planaire
![]()
Ce graphe complet,
noté K5, est-il planaire ?
![]()
Vous l'avez sans doute compris ou prouvé, le graphe ci-dessus, n'est pas planaire. On le nomme K5, en l'honneur de Kuratowski. Un autre graphe non planaire fondamental, souvent appelé graphe des 3 villas ou graphe des 3 sources ou des 3 usines, est le graphe classé K3,3 :

Il s'agit concrètement d'alimenter trois villas A, B et C depuis, par exemple trois sources D, E et F sans que les conduites ne se croisent. L'expérience montre que l'on arrive à tracer 8 arcs non sécants mais jamais 9 comme il le faudrait...
Kuratowski et reconnaissance d'un graphe
planaire :
![]()
Théorème :
Le nombre chromatique de tout graphe
planaire est au plus égal à 5
(et si on admet le théorème des 4 couleurs,
ce nombre se réduit à 4)

On pourra prouver que K3,3 est non planaire de façon tout à fait similaire à celle donnée pour K5, en notant que dans ce cas, un graphe planaire candidat devra posséder au moins 4 arêtes. En effet si une face ne possède que 3 arêtes, deux d'entre elles seront soit des villas, soit des sources. Or la configuration exclut tout arc entre les villas et entre les sources.
Chemin
hamiltonien sur un polyèdre et graphe planaire
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Formule d'Euler pour les graphes : |
1/ Si un graphe planaire possède c composantes simplement connexes, s sommets, f faces et a arêtes, alors :
où S, F et A désignent respectivement le nombre de sommets, de faces et d'arêtes.
2/ Si le graphe est simplement connexe (c = 1), on a la formule de Euler pour les graphes, semblable à celle pour les polyèdres convexes :
Concernant le graphe des villas qui est simplement connexe, le nombre de sommets est s = 6, le nombre d'arêtes est a = 9, le nombre f de faces est 4 : s - a + f = 6 - 9 + 4 = 1

le
nombre f tient ici compte de la face infinie, sinon, la
formule s'écrit s - a + f
= 1. On pourra s'exercer à vérifier la formule en
considérant les nombreux graphes de cette "page".
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Sous-graphe transitoire d'un graphe orienté : |
Dans le cas d'un graphe orienté, il existe des chemins tels qu'en "entrant" dans un graphe partiel, on ne puisse plus en sortir ! On obtient alors un sous-graphe transitoire :
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Nombre chromatique d'un graphe : |
Ce
concept remonte à la célèbre conjecture de
Guthrie (1852) relatif au coloriage des cartes géographiques à la Société
Mathématique de Londres et rappelé en 1872 par
Cayley : il suffirait de quatre couleurs pour que, quelle que soit la
configuration géopolitique, deux pays ayant une frontière commune soient de
couleurs différentes. Une carte s'identifie ici à un graphe G = (X,U) non
orienté dont les diverses frontières communes des pays constituent les
arêtes.
On appelle nombre chromatique d'un graphe le nombre minimal de couleurs à utiliser afin que chaque sommet du graphe soit colorié de sorte que deux sommets adjacents soient de couleurs différentes.
Propriété
3 :
Le nombre chromatique d'un graphe complet est égal au nombre de ses sommets (c'est à dire l'ordre du graphe).
Propriété 4 :
Si un graphe G contient un sous-graphe complet G', alors le nombre chromatique de G est au moins égal à l'ordre chromatique de G'.
Le graphe7 ci-contre n'est pas complet. Le sous-graphe G' constitué des 3 sommets A, F et D est complet : il va donc déjà nous falloir 3 couleurs. Le degré de E est 4 : c'est le degré maximum. On choisit alors tout d'abord une couleur pour E, ici vert. Le sous-graphe A,B,C,D,E étant en étoile autour de E, il suffit de choisir 2 autres couleurs pour le colorier : on choisit le jaune et le bleu. En coloriant en vert, le sommet F, on constate que le nombre chromatique de notre graphe7 est égal à 3.
Propriété 5 (très utile dans la pratique):
Le nombre chromatique d'un graphe est au plus égal à k + 1, k désignant le plus haut degré des sommets.
Reprenons le graphe7 ci-dessus : on a k = 4 (degré de E). Le nombre chromatique est donc au plus 5. Le sous-graphe G' constitué de A, D et F est complet. Le nombre chromatique de G est donc compris entre 3 et 5. On affecte d'abord une couleur au sommet de plus haut degré : E est colorié en vert. On doit maintenant utiliser au moins 2 autres couleurs qui serviront à colorier le graphe G". On voit alors qu'elles suffisent.
Une application du nombre chromatique
(planning)
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Matrice associée à un graphe non orienté : |
Dans
le cas d'un graphe non orienté G d'ordre n, dont les sommets sont ordonnés selon
S1, S2, ...,
Sn, on appelle matrice de G la matrice carrée
M d'ordre n (n lignes, n colonnes) dont l'élément ai,j
placé en i-ème ligne et j-ème colonne est égal au nombre d'arêtes reliant les
sommets Si et Sj.
La matrice M est symétrique (ai,j = aj,i)
et que ses éléments diagonaux sont 0 ou 1 suivant que ai,i
admet ou non une boucle.
La matrice dépend de l'ordonnancement choisi pour les sommets. Dans le cas ci-contre, en identifiant A à S1, B à S2, ..., D à S4, les ai,i sont nuls et :

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Matrice associée à un graphe orienté : |
Dans
ce cas, l'élément ai,j placé en i-ème ligne et
j-ème colonne est égal au nombre d'arêtes reliant Si
à Sj. La matrice M n'est généralement pas
symétrique (une symétrie caractériserait des arcs doubles entre tout couple de
sommets) et ne contient alors que des 0 ou des 1.
Là encore, la matrice dépend bien entendu de l'ordonnancement choisi pour les sommets. Dans le cas ci-contre, en identifiant A à S1, B à S2, ..., E à S5, les ai,i sont nuls sauf a2,2 = 1 (correspondant à la boucle en B); on a par exemple a1,2 = 0 (pas d'arc de A vers B), mais a2,1 = 1 (arc de B vers A). On vérifiera que :
On remarquera, sachant qu'un graphe est orienté ou non, que la matrice d'un graphe caractérise ce graphe.
Représenter le graphe orienté défini par la matrice
suivante :
Propriété 6 :
Dans un graphe orienté de matrice M, l'élément ai,j (i-ème ligne, j-ème colonne)de la matrice Mn (puissance n-ème de M) est égal au nombre de chemins de longueur n reliant le sommet i au sommet j.
Dans le cas précédent, sans faire référence au graphe,
donner le nombre de chemins de longueur 3 non triviaux (n'utilisant aucune
boucle) reliant i/ A à C ii/ B à D
iii/ C à C (circuits d'origine C).
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Graphe étiqueté (étiquettes), graphe pondéré (poids), graphe probabilisé (probabiliste) : |

Un
graphe étiqueté est un graphe dont les
arêtes ont reçu des attributs qualitatifs ou
quantitatifs. Dans ce dernier cas, on parle
aussi de poids et
de graphe pondéré.
à gauche, un graphe étiqueté à
caractère qualitatif : les sommets sont des villes, les arêtes représentent des
routes indiquées par leur nature et numéro (route nationale 73, route
départementale 982, autoroute A9, etc.).
à droite, un graphe étiqueté à
caractère quantitatif : les étiquettes sont les vitesses maximales autorisées.
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Matrice de transition (ou stochastique), chaîne de Markov, système ergodique : |
Un graphe peut servir à modéliser une situation probabiliste relative à un système (physique, économique, social) susceptible de passer au cours du temps par des états successifs (transitions) avec une certaine probabilité (par exemple, évolution d'une population, d'une épidémie, de la situation météorologique, de la nature chimique ou biologique d'un élément naturel, etc.). On parle de processus stochastique (du grec stokhastikos = divinatoire, aléatoire).
Les sommets du graphe représenteront les différents états possibles E1, E2, ..., Ek du système au cours du temps et les étiquettes sont les probabilités de passer d'un état à un autre : il s'agit donc d'un graphe orienté indiquant les probabilités sortantes.
On appelle matrice de transition du graphe (ou matrice stochastique), la matrice carrée dont les éléments pi,j (en ligne i, colonne j) sont les probabilités de passer de l'état Ei à l'état Ej, c'est à dire les probabilités conditionnelles pi,j = prob(Ej/Ei), probabilité de réalisation de Ej sachant Ei réalisé, également notées :

On
suppose donc ici que les pi,j ne dépendent que des états possibles Ei
et Ej définis au préalable et en aucune manière
de l'évolution du système dans le temps : on parle alors de chaîne de Markov pour
caractériser le modèle mathématique du système considéré.
Considérons le cas élémentaire d'un système S pouvant prendre deux états E1 et E2 à différents instants successifs, l'état initial E0 étant apparu avec les probabilités po (état 1) et qo = 1 - po (état 2).
p1,1 = prob(E1/E1) est la probabilité que S étant à l'état 1, il conserve cet état.
p2,1 = prob(E2/E1) est la probabilité que S étant à l'état 1, il passe à l'état 2.
p1,2 = prob(E1/E2) est la probabilité que S étant à l'état 2 , il passe à l'état 1.
p2,2 = prob(E2/E2) est la probabilité que S étant à l'état 2, il conserve cet état.
Le graphe correspondant est alors :

On peut dresser l'arbre des éventualités restreint aux dates initiale To et suivantes T1 et T2 :

La matrice de transition, indépendante des temps To + j (j = 1, 2, 3, ...) est alors ici, par définition :

Noter, et c'est
bien normal, et cela sera vrai quelle que soit la dimension de la matrice, que
la somme des probabilités de chaque ligne est égale à 1.
Vérifier que le carré de M est encore une matrice de
transition, c'est à dire une matrice à termes positifs dont
la somme des éléments de chaque ligne est égale à 1. Ce cas se généralise :
matrice de Markov
Les probabilités p1 et q1 d'obtenir respectivement les états E1 et E2 à l'issue de la transition 1 se calculent sur l'arbre par les produits :

c'est à dire par le produit de la matrice ligne (po,qo) par la matrice de transition :

Les probabilités p2 et q2 d'obtenir respectivement les états E1 et E2 à l'issue de la transition 2 se calculeraient sur l'arbre de la même manière avec p1 et q1 remplaçant po et qo. On en déduit matriciellement :
Notons plus généralement Pn la matrice ligne (pn qn) fournissant les probabilités des états E1 et E2 à l'issue de la transition n avec Po correspondant à l'état initial : Po = (po qo). On a alors :

Ce résultat se généralise à un système soumis à un nombre quelconque k d'états transitoires. Voici un exemple avec k = 3, extrait d'un sujet de baccalauréat français, série ES :
Graphe probabiliste et
matrice de transition
Sujet
complet :
Bac ES, 2006, Centres étrangers
Notion de système ergodique :
On
peut se demander si la suite des matrices lignes admet une limite lorsque n
devient infini (le nombre d'états s'avérant infini dénombrable). Si tel est le
cas, cela signifie que chaque élément ai,j(n) de la matrice Mn
admet une limite finie et si l'on note A la matrice obtenue à la limite, la
matrice ligne Pn des états du système converge
vers un état permanent P vérifiant P = Po
An.
Un cas particulier important est celui où les lignes de A sont identiques : le système limite P est alors indépendant de Po. En effet, en dimension 2 comme ci-dessus, on aurait alors un résultat de la forme :

On dit alors que le système est ergodique.
Notion générale d'ergodicité
:
Exemple simple de système ergodique en génétique
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Flot, réseau de transport, optimisation, flot maximum : |
On appelle réseau un graphe pondéré orienté possédant un nombre fini d'arcs et deux sommets E (entrée) et S (sortie) tels que E (resp. S) n'admet aucun arc entrant (resp. sortant). Chaque étiquette d'un arc est appelée capacité (maximale) ou de l'arc. Lorsqu'il s'agit de modéliser des capacités de transport comme maritime, fluvial, aérien, routier, énergétique (électricité, gaz, pétrole), etc., on parle de réseau de transport.
Soit plus précisément un réseau d'entrée E, de sortie S. Les capacités ci,j sont les étiquettes des arcs orientés reliant les ports de départ et d'arrivée. On appelle flot (ou flux) et on note ici fi,j la fraction de ci,j effectivement utilisée sur l'arc AiAj.

Si R et S sont des aéroports de départ et d'arrivée, on ne peut, par jour, ni faire décoller ni accueillir autant d'avions que souhaité. Par conséquent, les capacités au départ (E) et à l'arrivée (S) sont limitées. En notant e1, e2, ..., en et s1, s2, ..., sm ces capacités, on sera à la recherche de flots fi,j tels que le flot total :

soit maximum, sous les contraintes :

Dans les années 1960, de nombreux mathématiciens élaborent, dans le cadre de la recherche opérationnelle, étroitement liée à la théorie des graphes, des algorithmes d'optimisation :
Concernant ces algorithmes et leur programmation, on pourra consulter l'article Le plus court chemin, sur le site Interstices de l'INRIA/CNRS.
Algorithme de Dijkstra (au programme de
la classe Terminale ES) :
![]()
Pour en savoir plus :
Niveau élémentaire : Tout manuel de Terminale ES.
Graphes pour la Terminale ES : http://www.irem.univ-mrs.fr/IMG/pdf/graphes_1_.pdf
Accompagnement des programmes Ter ES :
http://media.education.gouv.fr/file/Programmes/16/8/graphes_109168.pdf
La page a
(encore) changé d'adresse ? Téléchargez-le
ici.
Graphes (théorie élémentaire, niveau Ter ES et plus...) :
cours de MM. Gilles Aldon et Lionel Xavier (IREM de Lyon) :
http://www.univ-lyon1.fr/IREM/graphes/graphe.htm
Sur le site Apprendre en ligne, un cours très complet de Didier Müller
(Suisse) :
http://www.apprendre-en-ligne.net/graphes/index.html.
Introduction à la théorie des graphes :
http://www.labri.fr/perso/courcell/Conferences/GraphesX.pdf
Graphes parfaits (conjectures de Berge) :
http://www.univ-lemans.fr/~barre/articles/these/node3.html
Thèse de Vincent Barré, université du Maine 1996 présidée par Claude Berge
:
http://www.univ-lemans.fr/~barre/articles/these/these.html
Des points et des flèches... la théorie des graphes, A.
Kaufmann
Éd. Dunod Science-poche - 1968
Programmes jeux, réseaux, transport, C. Berge , A. Ghouila-Houri
Ed. Dunod, Paris - 1962.
Algèbre moderne et théorie des graphes, B. Roy
Ed. Dunod, Paris - 1969.
Théorie des graphes et applications (avec
exercices), par Jean-Claude Fournier
Éd. Hermès - 2006
La Théorie des graphes par Aimé Sache - Que sais-je n°1554 -P.U.F. Paris - 1974