
Après des études secondaires au lycée Saint-Louis, Paul Lévy
intégrera l'École Polytechnique. Il en sort major (1904). Trois plus tard, il
est ingénieur des Mines (ENS des Mines de Paris). Tout en enseignant aux Mines de Saint-Étienne, il prépare sa thèse de doctorat qu'il soutiendra
(1912) devant Hadamard, Picard
et Poincaré.
Lévy enseigna à l'École des Mines de Paris jusqu'en 1951 ainsi qu'à l'École Polytechnique (de 1920 jusqu'à sa retraite). Il fut récipiendaire du prix Poncelet de l'Académie des sciences (1936) et sera élu à ladite Académie en 1964, succédant ainsi à Hadamard.
Pour la petite histoire, Lévy épousa la fille d'Hadamard
et la fille de Lévy, Marie-Hélène, épousa Laurent Schwartz
(cf. la 1ère référence ci-dessous).
Ses travaux porteront sur l'analyse fonctionnelle (on lui doit ce
terme,1922) après les travaux novateurs de Fredholm,
Volterra et Fréchet sur ce sujet initié par
Euler et, essentiellement, suite à ses recherches
sur la théorie des erreurs, sur le
calcul des probabilités dans la théorie des variables et
processus aléatoires
(
processus markoviens) comparées à celle, toute
récente en physique, du
mouvement brownien (on lui doit aussi cette
appellation).
Lévy est, avec le mathématicien américain Doob, à l'origine du concept de martingale intervenant en théorie du potentiel et, avec Poincaré, de la fonction caractéristique d'une variable aléatoire.
Markov , Kolmogorov ,
Bachelier , Malliavin
Ce sujet relève, dans son cas général, de la théorie de la mesure. Dans le cas simple d'une variable numérique continue X de densité f, sa fonction caractéristique est l'intégrale de Fourier :

Il s'agit donc de l'espérance mathématique E(eitX)
= E(cos tX) + iE(sin
tX) de la variable t
eitX. Dans le cas de la
loi normale, centrée et réduite, un calcul
(un peu difficile : intégrale complexe) fournit :
![]()
On démontre que
les coefficients ak du développement en série entière de la fonction
caractéristique sont les moments de X
(espérances mathématiques de Xk).
Transformation de Fourier :
Intégrale de Gauss :
Le concept de martingale, prend sa source dans les jeux d'argent. Sur le plan étymologique, une martingale était une chaussure du 15è siècle (chausses à la martingale) de forme aberrante. Depuis le 18è siècle, dans les jeux d'argent, jouer une martingale consiste à jouer le double de la mise précédente tant que l'on a perdu.
Aussi aberrant que cela paraisse, on est sûr de récupérer sa mise, à condition d'avoir une fortune illimitée ! En effet, si la première mise m est perdue, on joue 2m. Si on gagne, tant mieux, sinon, on joue 4m et ainsi de suite. Si on gagne au n-ème jeu, la dernière mise n'est pas perdue (la perte de mise au coup k est 2k-1 x m), le gain relatif est alors :
2n-1
m - (m + 2m + ... + 2n-2
m) = 2n-1
m - (1 + 2 +
... + 2n-2)
m = m
Vous récupérez ainsi votre mise et le gain associé au coup. Mais si vous n'êtes pas imposé à l'ISF, le pari reste très risqué... D'une façon générale, une martingale est une stratégie permettant d'augmenter ses gains dans un jeu de hasard.
|
Concept de martingale dans la théorie des processus stochastiques : |
Il n'est pas possible de développer le concept de martingale dans le cadre de cette chronologie. Ce sujet demande des connaissances préalables solides en théorie de la mesure (algèbres de Borel) et du calcul intégral au sens de Borel-Stieltjes. Pour les initiés, rappelons cependant brièvement quelques notions :
Considérons un espace probabilisé (W,
,p), un
processus stochastique (Xt), famille
de variables aléatoires de paramètre t positif (le temps
par exemple) et une famille croissante
(au sens de l'inclusion) (
t)
de sous-tribus de
. Le processus (Xt) est dit
adapté à (
t)
si Xt est
t-mesurable
pour tout t.
Concrètement, si t est le temps, les
t
correspondent aux événements antérieurs à l'instant t. Les Xt
mesurables sont les variables dont l'état ne dépendent que de l'état de
W dans la période antérieure à t. La croissance des
t s'interprète comme un
apport d'information sur le processus au cours du temps.
Soit
une sous-tribu de
. Si X est une
variable aléatoire admettant une espérance mathématique E(X), c'est à dire
intégrable sur W au
sens de p,
on démontre qu'il existe une unique variable aléatoire
-mesurable
Y (à une
égalité presque sûre près) telle que pour
tout F de
,
on ait :
![]()
On parle d'espérance
conditionnelle de X sachant
: Y est une variable aléatoire,
non un nombre comme dans le cas de l'espérance mathématique. On note
généralement E(X|
) la variable Y.
Ceci étant, on dira qu'un processus stochastique
numérique (Xt) adapté à (
t)
est une martingale (resp. sous-martingale,
sur-martingale) si les Xt sont intégrables et pour tout (s,t)
: Xs = E(Xt|
s)
presque sûrement (resp.
,
).
Très (très) grossièrement et (un peu) concrètement... :
Lorsque s < t, s
s
représente
l'évolution de W dans
la période antérieure à s. La valeur moyenne estimée des Xt (dans le futur t) connaissant l'état de
W dans la période antérieure à s, n'est autre que Xs.
Pour en savoir
plus :
Vie et oeuvre de Paul Lévy (Annales des Mines) vues par d'éminents mathématiciens : http://www.annales.org/archives/x/paullevyJR.html