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Rappelons qu'un nombre entier est dit parfait s'il est égal à la somme de ses diviseurs propres (diviseurs de ce nombre autres que lui-même : autrefois appelé partie aliquote). 1 étant rejeté, Le premier nombre parfait est 6 = 1 + 2 + 3 est parfait. Inférieurs à 10000, il n'y en a que trois autres :
28 = 1 + 2 + 4 + 7 + 14.
496 = 1 + 2 + 4 + 8 + 16 + 31 + 62
+ 124 + 248.
8128 = 1 + 2 + 4 + 8 + 16 + 32 + 64
+ 127 + 254 + 508 + 1016 + 2032 + 4064
On est enclin à remarquer, comme Euclide en son temps que :
120 = 23 x (24 - 1) n'est pas parfait, car 24 - 1 = 15 n'est pas premier, mais abondant : la somme de ses 24 diviseurs est supérieure à 120.
On constate par ailleurs que 3, 7, 31 et 127 sont premiers. Les nombres premiers de la forme Mn = 2n - 1 furent étudiés par Mersenne (1588-1648) et portent le nom de ce mathématicien français. C'est ainsi que l'étude des nombres parfaits pairs est liée à celle des nombres de Mersenne. L'existence de nombres parfaits impairs est encore de nos jours un problème ouvert. S'ils existent, ils sont extrêmement grands dépassant les 1500 chiffres décimaux !
Il est ainsi licite de conjecturer :
Tout entier de la forme 2n-1(2n - 1), avec 2n - 1 premier, est parfait.
Euclide écrivit et prouva (Livre IX, prop. 36) :
Si, à partir de l'unité, tant de nombres que l'on voudra sont successivement proportionnels en raison double jusqu'à ce que leur somme soit un nombre premier, et si cette somme multipliée par le dernier fait un nombre, leur produit sera un nombre parfait.
Preuve :
posons k = 2n - 1. Ce nombre étant premier, d'après le théorème de
théorème de Gauss, les diviseurs de
p = 2n-1
k,
autres que p lui-même se limitent à :
En remarquant (progressions
géométriques) que 1 + 2 + 2n-1 = 2n
- 1 et 1 + 2 + 2n-2 = 2n-1 - 1, la somme des diviseurs de
p est alors 2n - 1 + k(2n-1 - 1) = k
2n-1
= p.
La réciproque de ce résultat, à savoir :
Tout entier parfait pair est de la forme 2n-1(2n - 1), n > 1, avec 2n - 1 premier
fut prouvée par Euler dans les années 1730.
Preuve : tout entier pair non
nul peut s'écrire p = 2n-1
k
avec k ≥ 1 et n ≥ 2. Si k est pair, on peut le diviser par 2 autant que
nécessaire quitte à augmenter n. On peut donc supposer k impair. Selon un
résultat sur la somme σ des diviseurs d'un
entier naturel , σ(p) = σ(2n-1
k)
= σ(2n-1)σ(k) car k et 2n-1 sont premiers entre eux. Comme
rappelé ci-dessus σ(2n-1) = 2n
- 1 et p étant parfait, la somme de ses diviseurs propres est p, donc σ(p) =
p +
p = 2p. Ce qui conduit à k/σ(k) = (2n - 1)/2n.
Or, deux
entiers consécutifs sont premiers entre eux (
identité de Bezout), on en déduit qu'il
existe un entier naturel u tel que k = u
(2n
- 1) et σ(k) = u
2n.
On aimerait bien u = 1 ! Si u > 1, σ(k) admet 1, k et
u comme diviseurs distincts, d'où σ(k) ≥ 1 + k + u. Mais 1 + k + u =
1 + u
2n
> u
2n.
Par suite u
2n
> u
2n.
absurde, donc u = 1 et k = 2n
- 1.
Il nous faut montrer maintenant que 2n - 1 est premier. On vient de prouver que σ(k) = σ(2n - 1) = 2n. Si un entier p n'est pas premier, il admet au moins un diviseur d autre que 1 et on a σ(p) - p = 1 + d + ... > 1. Donc 2n - 1 est premier.
Deux propriétés intéressantes des nombres parfaits :
1. Tout nombre parfait
peut s'écrire sous la forme 2n-1(2n
- 1) = 2n(2n
- 1)/2 : on voit donc qu'il est aussi la somme des
2n
- 1 premiers entiers naturels (
Nicomaque). Autrement dit :
Si Mn est un nombre premier de Mersenne alors 1 + 2 + ... + Mn est parfait
Par exemple : M5 = 31 est un nombre premier de Mersenne. Donc 1 + 2+ 3 + ... + 31 = 31 x 32/2 = 496 est parfait.
2. En étudiant le chiffre des unités des puissances successives de 2, on constate facilement que :
Tout nombre parfait pair se termine par 6 ou 8.
| 2n-1 | 2n | 2n - 1 | 2n-1(2n - 1) |
| 2 | 4 | 3 | 6 |
| 4 | 8 | 7 | 8 |
| 8 | 6 | 5 à rejeter car 2n - 1 divisible par 5 | /// |
| 6 | 2 | 1 | 6 |
| 2 | 4 | 3 | 6 |
| 4 | ... | ... | |
| 8 | |||
| 6 | |||
| ... |
Un programme de calcul :
On peut confier à l'ordinateur le soin de calculer les premiers nombres parfaits ne dépassant pas sa capacité de traitement des nombres entiers.
Le programme utilise la même
"astuce" que pour une recherche de primarité
(ou primalité, recherche d'un nombre premier) : si k divise
n, alors k
n
ou bien k >
n,
l'éventualité k =
n
ne se produisant que si n est un
carré
parfait, carré d'un entier (sans pour autant être nécessairement un nombre
parfait...)
On limite la recherche à k
n,
en effet : si k est un diviseur au plus égal à
n,
n/k sera un diviseur supérieur ou égal à
n
et la somme des diviseurs sera alors augmentée de k et de n/k. On obtient ainsi
tous les diviseurs de n car d
n
d
n
n
n/d
n,
n/d aura donc été "déjà essayé".
Nombres Fp de Fermat :
Décomposition en facteurs premiers et
somme des diviseurs :
![]()
| Programmation de la méthode en JavaScript |
|
for (k=2;k<=rac;k++) if (s==n) |
![]()
Éviter de pousser les
recherches au-delà
de
8128
car le cinquième nombre parfait est 33550336 avec n = 13.
<FORM ACTION="" METHOD=POST> Compte rendu d'exécution Un essai de ce programme sur un micro-ordinateur "compatible PC" avec processeur 2Ghz a fourni :
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