ChronoMath, une chronologie des MATHÉMATIQUES
à l'usage des professeurs de mathématiques, des étudiants et des élèves des lycées & collèges

LUCAS Édouard, français, 1842-1891

Normalien (ancien élève de l'École normale supérieure), il fut attaché à l'Observatoire de Paris puis professeur de mathématiques, en particulier à Paris aux déjà renommés lycées Charlemagne et lycée Saint-Louis. Ses travaux portent :

      sur la géométrie supérieure : entendant là le terme du 19è siècle relatif à la géométrie euclidienne non élémentaire, c'est à dire celle qui émergea avec l'étude des transformations (homothéties, similitudes, inversion) et, tout particulièrement, la géométrie projective avec ses transformations homographiques et homologiques.

     sur l’arithmétique de Diophante et plus généralement sur la Théorie des nombres dont seul le premier tome de son traité fut publié l'année de sa mort sous cette appellation en 1891 (éditions Gauthier-Villars, réf.1)

  On lui doit une belle et simple preuve de la formule d'Euler-Descartes liant le nombre de sommets (S), de faces (F) et d'arêtes (A) d'un polyèdre convexe :

S - A + F = 2

Nombres de Lucas :

Ces nombres interviennent dans la résolution d'équations diophantiennes : ils vérifient la relation de récurrence :

un+2 = un + un+1 avec la condition u1 = 1 et u2 = 3

Les premiers nombres de Lucas sont  1, 3, 4, 7, 11, 1, 29, 47, 76, ... ils vérifient la relation de récurrence :

Calcul JavaScript des nombres de Lucas :                Suite de Fibonacci :                formule de Binet

Lucas et les nombres premiers de Mersenne :

Lucas étudia la primarité (ou primalité, de l'anglais primality : propriété d'être premier) des nombres de Mersenne, de la forme Mn = 2n - 1 , n entier naturel premier, et énonça (1876) une condition de primarité de ces nombres conduisant à la découverte récente, grâce aux ordinateurs de nombres premiers Mn gigantesques.

Grâce à ce test, Lucas découvrit les nombres de Mersenne premiers jusqu'à n = 127. Ce n'était pas une mince affaire car à cette époque (1876), il n'y avait ni ordinateurs ni machines à calculer capables de traiter d'aussi grands nombres :

M127 = 2127 - 1 = 170141183460469231731687303715884105727    (39 chiffres)

Les tout derniers nombres de Mersenne :             Critère de Lucas-Lehmer :

Les célèbres tours de Hanoi :

Dans ses Récréations mathématiques, publiées à partir de 1882, Lucas introduit les célèbres tours de Hanoi : On se donne trois tiges verticales. Sur la première sont empilés des anneaux de diamètres distincts du plus grand au plus petit. Le jeu consiste à déplacer ces anneaux sur la dernière « tour » en un minimum de coups, la tour centrale servant d'intermédiaire et en respectant toujours la règle suivante :

Aucun disque ne doit être placé sur un disque de rayon inférieur

Ce jeu est très difficile dès que l'on dépasse 4 anneaux car on peut démontrer qu'il se joue en 2n - 1 coups, n désignant le nombre d'anneaux : c'est l'objet de l'exercice ci-après.


Exercice (niveau 1ère ES) : on considère les suite (un) et (vn) définies par u1 = 1 , un = 2un-1 + 1 et vn = un + 1

On voit là un algorithme permettant de passer d'une solution connue à n disques à la solution pour (n+1) disques.

Solution pour 4 disques et un jeu "on line" :
Carré diabolique également dit carré cabalistique :

Toujours dans le cadre ludique mais cependant sérieuse car relevant de la théorie additive des nombres qu'affectionnait aussi Fermat, on doit à Lucas le concept et la construction de carrés diaboliques : on nomme ainsi un carré magique normal qui le reste malgré toute permutation circulaire sur ses lignes ou ses colonnes.

Cela revient à dire que les sommes de 4 termes obtenues sur des diagonales secondaires parallèles (une ligne ou colonne n'étant utilisée qu'une seule fois dans le choix des termes) est égale à la constante du carré. Ces termes sont indiqués ci-contre dans une même couleur. La constante de ce carré magique d'ordre 4 est 34.

Pour en savoir plus :


de Longchamps  Weber
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