ChronoMath, une chronologie des MATHÉMATIQUES
à l'usage des professeurs de mathématiques, des étudiants et des élèves des lycées & collèges

Chine ancienne                    Inde ancienne

On connaît peu de choses sur les mathématiques chinoises et indiennes de l'Antiquité. Les études archéologiques et les textes anciens permettent de connaître l'histoire de la Chine (son nom vient des Indiens qui appelait Tchina cette région) jusqu'à plus de 2000 ans avant J.-C. avec les premières dynasties connues : celles des Hia puis des Chang.

La Chine, et plus généralement l'Asie, connurent de grands philosophes tournés vers un mysticisme relativement exempt, à l'origine, de pensée scientifique. Par contre, l'Inde et la Chine eurent, bien avant l'Occident, une agriculture, une médecine et une chirurgie efficaces (l'acupuncture chinoise, reconnue aujourd'hui par la médecine occidentale, date de l'Antiquité).

On doit à la Chine, vers -125, la fabrication du papier à partir de fibres végétales (mûrier et bambou) à l'instar des papyrus (d'où le nom "papier") Égyptiens. Leur technique nous furent transmises par les Arabes au 8è siècle, via les invasions en Espagne du sud.

Les calculs et la recherche mathématiques semblent remonter aux 6è/5è siècles av. J.-C., tout particulièrement à travers les observations astronomiques. C'est l'époque du célèbre philosophe chinois Confucius (illustration ci-contre) dont la pensée est basée sur une morale sociale vertueuse et l'observation du monde proche des idées platoniciennes.

Comme en Europe, on retrouve des traces du calcul de π (liées aux observations astronomiques) de résolution d'équations, d'élaboration de tables trigonométriques (pour établir les cartes célestes), le théorème dit de Pythagore et l'étude arithmétique des carrés magiques.

En Chine, l'utilisation précoce d'un système décimal positionnel a permis de puissants calculs avec l'utilisation des bouliers. Peu, voire pas, de géométrie.

Toutefois, eu égard à la tradition chinoise d'être inhumé avec leurs écrits (voire leurs bibliothèques !), il n'est pas impossible de voir réapparaître dans les années à venir, grâce aux fouilles actuelles, des ouvrages très anciens pouvant remonter à plusieurs siècles avant J.-C., éventuellement antérieurs à Euclide ou même Thalès.

Le plus célèbre des traités mathématiques de la Chine ancienne est sans doute le Chiu-chang Suan-shu, aussi traduit par Jiuzhang Suanshu : l'Art mathématique en neuf sections, dont la date est incertaine : 1er siècle après J.-C, qu'étudia et commenta Liu Hui au 3è siècle.

Au 5ème siècle, le mathématicien Tsu Chung Chi (vers 429-500) obtient une excellente valeur du nombre π par la méthode des périmètres qu'avait utilisée Archimède. Sur ce timbre chinois de 1955, on "peut" lire : Le calcul de la mesure du cercle conduit à 3.141592665.

Au 13è siècle, un gouverneur de province, Chin Chiu-Shao (vers 1202-1261) s'avère un brillant astronome et algébriste. Son traité mathématiques en neuf sections inspiré des Neuf sections, constitué de 81 problèmes traite des équations algébriques et utilise implicitement les congruences.

La Chine moderne a vu éclore des mathématiciens de haut niveau comme Chen Ching-Yun (Chen Jingrun) a qui l'on doit une avancée dans la difficile conjecture de Goldbach selon laquelle tout entier pair est la somme de deux nombres premiers.

Dans les années 1950 et jusqu'en 1966, les gouvernements communistes (la République populaire de Chine fut instaurée en 1949 avec à sa tête Mao Tsé-toung) ont encouragé la recherche scientifique et tout particulièrement en mathématiques avec un plan calcul (1955).

Mais le régime de Mao se durcit sous les critiques des intellectuels (1965) et la Révolution culturelle sera, pendant une dizaine d'années, un frein à l'essor scientifique; la recherche en mathématiques apparaît comme une gabegie; les chercheurs devront aller dans les usines et les campagnes travailler avec les ouvriers afin de se forger une culture révolutionnaire...

Il faudra attendre 1976, avec la mort de Mao Tsé-toung et la chute du gouvernement de "la Bande des Quatre" (dont l'épouse de Mao) pour que la recherche scientifique retrouve une situation "normale".

  Liu Hui , Terence Tao , Yitang Zhang                      Théorème chinois :

 Pour en savoir plus :


Inde   Babylone
© Serge Mehl - www.chronomath.com