
Après
des études à Strasbourg et à Paris où il décroche l'agrégation en
1946, René Thom obtient son
doctorat en 1951. Sa thèse
Espaces fibrés
en sphères et carrés de Steenrod (variétés
complexes, topologie différentielle) était dirigée par Henri
Cartan et annonce, dans le cadre de la topologie
différentielle (topologie des variétés
différentielles, également initiée par Veblen aux
États-Unis), la théorie du cobordisme.
Thom enseigna dans diverses universités (Caen, en particulier) puis à l'IHÉS (Institut des Hautes Études Scientifiques), dès sa fondation (1958), sise à Bures-sur-Yvette, près d'Orsay.
L'IHÉS fut fondé en 1958 sur des fonds privés par la
volonté de l'industriel, savant et mécène russe Léon Motchane (qui soutint
une thèse de mathématiques à l'âge de 50 ans !) assisté de Jean Dieudonné,
Alexander Grothendieck et du physicien américain Robert Oppenheimer
(spécialiste en physique quantique, 1904-1967), alors directeur de
l’institut d’études avancées de Princeton. Aujourd'hui l'institut, toujours privé, est cependant
financé à hauteur de 60% par l'État (ministère Éducation & Recherche). Il est
constitué de 40 membres dont 5 permanents. Les 35 autres, dits "visiteurs",
résident sur invitation jusqu'à un an au sein de l'institut.
Spécialiste en topologie différentielle, Thom est surtout connu du "grand public" en tant qu'auteur de Paraboles et Catastrophes (1983) basée sur sa théorie des catastrophes (1969), relative à l'étude de certaines classes d'équations différentielles admettant des singularités et permettant d'étudier certains phénomènes naturels variant de façon soudaine.
Sa théorie du cobordisme apparue dans son mémoire de 1954 : Quelques propriétés globales des variétés différentiables, facilitant l'étude des difféomorphismes (homéomorphisme différentiable) entre les variétés et la classification de ces dernières, est son œuvre maitresse et lui vaudra la médaille Fields en 1958.
Une belle page de l'ENS de Lyon (site externe) :
Article du
journal Le Monde (31 octobre) :
René Thom est décédé le 25 octobre 2002. Fondateur
de la topologie différentielle
qu'il a ancrée du côté géométrique par sa théorie du cobordisme, très tôt
préoccupé de l'impact de modèles mathématiques dans plusieurs domaines du savoir
(linguistique, biologie et philosophie), son point de vue sur la théorie des
singularités a révolutionné la conception que l'on avait de la genèse des formes
et de la dynamique de leur évolution.
Membre de plusieurs académies étrangères (Brésil, Leopoldina en Allemagne, Pologne), docteur honoris causa des universités de Warwick, Tubingen, Nimègue et San Sebastian, Grand Prix scientifique de la Ville de Paris en 1974, il a reçu la médaille Fields en 1958.
Pour
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