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Une
parabole,
une sinusoïde
sont des courbes planes. Une ellipse,
un cercle sont des courbes
planes fermées. Pour ces exemples, tous les points des courbes
considérées sont situés dans un
même plan : une courbe est dite
gauche
(gauchir = dévier, tordre) s'il n'en est pas ainsi. C'est une
courbe dans l'espace euclidien usuel à trois
dimensions dont un des premiers grands spécialistes français fut
Alexis Clairaut.
Un exemple simple de courbe gauche est donné par un ressort, la vrille d'un tire-bouchon, la forme de l'escalier en colimaçon d'une tour (en hélice). L'intersection de deux surfaces (par exemple une sphère et un cylindre) est généralement une courbe gauche.
Dans
toute la suite, pour faciliter l'écriture, les vecteurs sont
écrits en gras.
Dans un repère orthonormé (0,i,j,k) de l'espace, un arc de courbe gauche (c) s'étudie paramétriquement par :
où M(u) est un point de (c) dépendant du paramètre u. Les fonctions f, g et h, abscisse, ordonnée et cote de M, sont des fonctions de u au moins une fois continûment dérivables.
| Abscisse curviligne (plan & espace) : |
![]() |
la courbe (c) n'admet ni point double ni point de rebroussement et la courbe ne "boucle" pas et lorsque u varie M se déplace toujours dans le "même" sens d'une extrémité à l'autre de l'arc.
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Dans ces conditions
le calcul différentiel et intégral permet de calculer
la longueur
de l'arc AM et on peut
orienter la courbe de sorte que cette
longueur soit une fonction
strictement croissante de u : sens positif
de parcours. Si on note A le point
origine de l'arc, la mesure de l'arc AM(u) est
l'abscisse
curviligne, notée s(u) du
point M(u).
En choisissant s comme paramètre, l'étude d'un arc régulier peut alors se ramener à celle du vecteur
AM(s) = x(s).i + y(s).j + z(s).k
noté souvent simplement M(s) une fois l'origine des arcs choisie. L'introduction de s facilite l'étude des tangentes et de la courbure :
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Tangente en un point, vecteur tangent : |
De façon analogue à la notion élémentaire de tangente à une courbe plane, la tangente en un point M(u) s'obtient comme position limite d'une sécante en M(u) et M(u + h) lorsque h tend vers 0. Lorsque cette limite existe, un vecteur directeur de la tangente en M est alors colinéaire à T (dx/du, dy/du, dz/du), c'est à dire aussi T (f '(u), g'(u), h'(u))
Noter que ce vecteur ne dépend pas de l'origine A des arcs : si B est un autre
point origine : BM = AM - AB et dAM/du
= 0.
En remarquant que :
![]()
on constate que le vecteur tangent T est aussi colinéaire au vecteur de coordonnées (dx/ds, dy/ds, dz/ds) et ce dernier ne dépend pas de l'origine A des arcs. Dans la suite, on notera t le vecteur unitaire tangent en M(s); il est colinéaire à :
![]()
Si la courbe gauche est définie paramétriquement sous la forme x = f(u), y =
g(u), z= h(u) la tangente en M(a,b,c) correspondant à u = uo
est dirigée par T(f '(uo),g'(uo),h'(uo));
son équation paramétrique est alors x - a =
l.f '(uo),
y - b = l.g'(uo), z
- c= l.h'(uo) et en
éliminant l, la tangente aura pour équation :
(x - a)/f '(uo) = (y - b)/g'(uo) = (z - c)h'(uo)
si les trois
dérivées sont nulles, il s'agira d'un point singulier. Sinon, il conviendra
d'annuler le numérateur d'un membre dont la dérivée est nulle.
Si la courbe gauche est définie comme intersection de deux surfaces f(x,y,z) = 0
et g(x,y,z) = 0, la tangente en M(a,b,c) est la droite d'intersection des
plans tangents en M, c'est donc la droite définie
par :

les dérivées partielles étant prises au point M(a,b,c).
| Plan osculateur et normale principale : |
La difficulté de l'étude des courbes gauches
résulte du fait que le point M qui la parcourt change de plan
: contrairement aux courbes planes, parler de normale à la courbe est ambigu :
tout vecteur orthogonal en M à
t est candidat. Il existe cependant un
plan remarquable (P) contenant
t que l'on peut obtenir comme
position limite (si elle existe) du plan défini par trois
points de (c) infiniment proches M(s), M(s + h) et M(s + k) lorsque h
et k tendent vers 0 : c'est le plan
osculateur
(du latin osculor,
osculatus = caresser) à (c) au point M(s).
Un
plan tangent
touche une courbe en un point (deux points confondus). Le plan
osculateur (P) fait mieux : en général, il
touche en deux points.
Le vecteur n = dt/ds = d2M/ds2 est un vecteur de base unitaire de ce plan orthogonal à t, appelé normale principale en M(s). On peut ainsi définir (P) en tant que plan (M,t, n).
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Trièdre (ou repère) de Frenet : |
Afin de faciliter l'étude locale d'une courbe de l'espace, Frenet eut l'idée d'étudier la courbe dans un repère mobile d'origine M(s). Dans l'espace euclidien orienté c'est le triplet (t , n, b) où :
t désigne le vecteur tangent (normé) orienté dans le sens des abscisses curvilignes croissantes;
n est la normale principale (normée);
b = t ^ n est la binormale (produit vectoriel de t par n) : le plan (M, n,b ) est le plan normal. Le plan (M, t,b ) est le plan rectifiant.
Étude du trièdre de Frenet, formules de
Frenet :
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Courbure d'une courbe (plane ou gauche), rayon de courbure, cercle osculateur : |

On conçoit qu'un cercle possède une certaine courbure ne dépendant que de son rayon : son rayon de courbure. Il s'agit de définir la courbure pour une courbe quelconque : le schéma ci-contre permet de comprendre que la courbure entre deux points M(s) et M(s+Ds) peut se mesurer au moyen de l'angle Dâ formé par les tangentes en ces points.
Elle correspond à l'angle des plans normaux en deux points infiniment proches M(s) et M(s + Ds). Ainsi la courbure K en un point peut être définie, par unité d'arc, par la limite, lorsque Ds tend vers 0, du rapport Dâ/Ds :
Ainsi
la courbure d'une droite est nulle.
en savoir plus
Celle d'un cercle de rayon R est constante
et égale 1/R. En effet, l'angle
Dâ
de deux tangentes proches se retrouve en ^AOB. La longueur du cercle est 2pR.
On a donc Ds = 2pR
Dâ/2p.
soit :
Si R devient infini, la courbure tend vers 0. On retrouve ce résultat souvent énoncé : une droite peut être considérée comme un cercle de rayon infiniment grand.
Rayon de courbure :
D'une façon générale, le rayon de courbure ρ en un point d'une courbe est l'inverse de la courbure.
Centre et cercle de courbure, cercle osculateur :
Le centre de
courbure est la position limite
de l'intersection des deux normales en M(s) et M(s+Ds) et on parle
alors de cercle
de courbure ou
cercle osculateur (du latin
osculor, osculatus = caresser).
Comme dans le cas du cercle, le centre de courbure w en un point M d'une courbe (G) est porté par la normale en M, du côté de la concavité de (G) et tel que wM = ρ.
Le cercle osculateur est tangent à la courbe au point considéré. Il est clair qu'une infinité de cercles possèdent alors cette propriété. Ce qui distingue le cercle osculateur, c'est d'avoir le même rayon de courbure que la courbe. En d'autres termes :
Dans le cas d'une courbe plane, Dâ s'interprète comme différence entre les angles formés par ces tangentes avec l'axe des abscisses. On a donc tan â = dy/dx (= y' dans le cas cartésien) et le rayon de courbure en un point de la courbe s'évalue relativement facilement selon le type d'équation :
1- cartésienne M[x,f(x)] :
ρ = (1 + y'2)3/2/y"
car â = Atn y', donc dâ/dx = y"/(1+y'2). Or ds = (dx2 + dy2)½ = dx(1 + y'2)½
ρ = (x'2 + y'2)3/2/(x'y" - y'x")
3 - implicite f(x,y) = 0 :
par dérivation implicite : y' = -
x/
y
et y" = - ('xx + 2y'
'xy + y'2
'yy)/
'y. Puis utiliser 1.
ρ = (r2 + r'2)3/2/(r2 + 2r'2 - rr")
si
(a',b',g')
sont les coordonnées de n (normale principale
unitaire), les coordonnées du centre de courbure en M(x,y,z)
sont alors :
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Torsion ou seconde courbure : |
Cette notion est propre aux courbes gauches et mesure comment la courbe se "tord" en changeant de plan. Dans le trièdre de Frenet, elle correspond à l'angle des plans osculateurs P(s) et P(s + Ds) en deux points infiniment proches M(s) et M(s + Ds), donc à l'angle Dû entre les binormales mesurant comment la courbe se tord en passant de P(s) à P(s + Ds). Ainsi, de façon analogue à la courbure, la torsion T en un point sera, par unité d'arc, la limite lorsque Ds tend vers 0 du rapport Dû/Ds :
Le calcul d'une torsion est donc, a priori, le calcul de la mesure d'un angle de l'espace. A l'instar de la courbure et du rayon de courbure, on parle du rayon de torsion, r = 1/T, inverse de la torsion.
Au 19è siècle, l'analogie avec la courbure conduisit les mathématiciens à appeler seconde courbure cette torsion qui, grâce à Frenet, se réduit à un calcul différentiel. Voir, en exemple, la courbure et la torsion de hélice circulaire.
Pour
tout savoir, ou presque :