
Brillant élève à Metz, sa ville natale, puis étudiant surdoué, il suit les cours de l'École polytechnique mais ne poursuit pas une carrière militaire. Il se consacre à la théorie des groupes finis, née de la vaine recherche (mais riche d'apprentissages) d'un algorithme dans la résolution des équations algébriques (Abel, Galois), sur laquelle il soutiendra sa thèse de doctorat (1859). Il sera professeur à la faculté des sciences de Besançon et de Nancy.
| Équations et fonctions de Mathieu : |
Mathieu s'intéressa aussi à la physique mathématique et donna son nom à des équations différentielles du second ordre dans le champ complexe, dérivées de celles du physicien allemand Ludwig F. von Helmholtz (1821-1894), portant sur des phénomènes ondulatoires et permettant une résolution partielle de celles-ci :
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En posant cos z = t, vérifier que l'on a
dy/dz = - dy/dt
sinz, puis d2y/dz2
= - d2y/dt2
dt/dz
- dy/dt
t.
En déduire une expression algébrique de l'équation de Mathieu : (1 - t2)y"
+ty' - (a - b + 2bt2)y
= 0
Les fonctions de Mathieu sont une classe de solutions liées à ces équations et à celle -semblable- de George William Hill, astronome américain (1838 - 1914), spécialiste de mécanique céleste, qui étudia les perturbations dans le mouvement de la Lune.
| Groupes simples, semi-simples, groupes composés, groupes sporadiques de Mathieu : |
Un groupe G d'élément neutre e est dit simple si ses seuls sous-groupes distingués (sous-groupes normaux) sont G lui-même et le groupe trivial {e}. Dans le cas contraire, on dira que G est composé. On parle aujourd'hui de groupes semi-simples pour caractériser l'absence de sous-groupe distingué commutatif.
Les groupes simples sont aux groupes ce que sont les nombres premiers aux entiers naturels : indécomposables. C'est dire que leur rôle est très important dans l'étude et la compréhension des structures algébriques, voire géométriques (groupes de transformations).
Les groupes cycliques
(groupes monogènes finis)
d'ordre premier sont simples car l'ordre d'un sous-groupe
est un diviseur de l'ordre du groupe (
théorème de Lagrange-Cayley).
Ce sont des groupes commutatifs et tout groupe simple commutatif est cyclique.
Le plus petit groupe simple non commutatif est isomorphe à A5 (groupe alterné). Il possède 60 termes (soit 5!/2). C'est Kronecker qui sera le premier à en découvrir un autre dans l'étude des solutions des équations du 7è degré : 168 éléments.
Après Galois, les travaux sur la caractérisation des groupes simples furent sujet à d'importantes recherches avec l'étude des groupes finis résolubles, initiée par Jordan et sur laquelle se pencha tout particulièrement Artin à qui l'on doit l'appellation.
Ce n'est qu'en 1982, avec Conway et Daniel Gorenstein (en particulier) et l'aide des ordinateurs, que la classification des groupes finis simples fut déclarée achevée (26 au total) après plus d'un siècle de recherche depuis la mise en évidence du premier groupe, dit sporadique (le terme est de Burnside) -car s'avérant appartenir à une catégorie pathologique- et noté M12, découvert par Mathieu (1864) en étudiant des permutations sur un ensemble d'un type particulier, dites distributives. Il possède possède 26 x 33 x 5 x 11 = 95040 éléments. Trois autres groupes sporadiques furent découverts par Mathieu entre 1864 et 1873.
Les catégories non pathologiques de groupes simples finis sont :
Le
plus "gros" groupe sporadique est le monstre de Fischer (du
nom du mathématicien Bernd Fischer qui soupçonna son
existence en 1973) qui fut exhibé en tant que groupe de
transformations géométriques dans un espace abstrait
(Robert Louis Griess, 1980). Il a exactement :
soit environ 8 x 1053 éléments.
Pour
en savoir plus :