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Un polygone est une ligne brisée fermée (du grec poly = plusieurs et gônia = angle). Ci-contre on a tracé un polygone ABCDE.
Chaque segment de droite qui le constitue, comme [AB]
ci-contre, est
un
côté
du polygone. ABCDE possède 5 côtés : c'est un pentagone.
Les extrémités des
côtés sont les
sommets
du polygone.
Chaque sommet, comme A ci-contre, définit ainsi un
angle du
polygone : il y a autant d'angles que de côtés. L'angle ^EAB
marqué en jaune est un des 5 angles du polygone; on peut aussi le noter tout
simplement ^A.
Une
diagonale
d'un polygone (comme en rose ci-dessus) est un segment joignant deux sommets
non
consécutifs.

Collégiens
: Un polygone possédant 3 côtés (et 3
seulement) est un triangle. Dès qu'un polygone possède plus de 3 côtés (ou, ce qui revient au même : plus
de 3 angles), on doit respecter l'ordre d'écriture
des sommets.
Obtient le contour (bord extérieur, périmètre) du polygone en suivant la ligne brisée, sans lever le doigt ou le crayon dans l'ordre d'écriture des points : on aborde ainsi le problème des polygones convexes ou croisés décrit ci-après.
Ci-dessous, on a colorié l'intérieur de deux polygones : le 1er (de gauche à droite) est convexe et se nomme ABCD; le second est croisé; il se nomme ACDB.

Toiture des hospices de Beaune, France
![]()
Un
exercice de dénombrement, de type problème ouvert au
collège, est la recherche par essais et conjectures du nombre
de diagonales d'un polygone convexe de n côtés (parfois
appelé n-gone).
Le résultat peut s'établir directement en 1ère par usage des formules de dénombrement :
2 + 3 + ... + (n - 2) = n( n - 1)/2 - n = (n2- 3n)/2
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Un polygone de n côtés est dit : |

Les
pointillés verts indiquent un exemple de diagonale : elle joint deux sommets
non
consécutifs.
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Un polygone est dit régulier si : |
ses côtés ont même mesure;
ses sommets
sont sur un même cercle (polygone inscriptible).
Cela
revient à dire que ses angles ont même mesure.
Euclide
parlait de polygones
équilatéraux et équiangles.

Une définition plus synthétique consiste à dire qu'un polygone P de n côtés est régulier si et seulement si il existe un point O pour lequel P est invariant dans la rotation de centre O d'angle 2p/n.
À gauche, en
bleu
l'octogone régulier convexe ADGBEHCF, en
rouge l'octogone
régulier croisé (ou étoilé) ABCDEFGH.
L'angle de rotation est 2p/8 = p/4,
soit 45°.
Deux côtés parallèles d'un polygone
régulier sont dits
opposés.
Prouver qu'un polygone régulier possède des côtés opposés si et seulement si son
nombre n de côtés est pair.
Le carré
(rectangle dont la largeur égale la longueur)
est un polygone régulier convexe;
Le losange (quatre côtés de même mesure)
n'est pas un polygone régulier, à moins
qu'il ne soit en fait un carré (=
losange ayant un angle droit, et par suite 4 !). Le
terme losange provient de l'arabe
lauza = amande; dans le sud de la France, les tuiles d'ardoise, appelées
lauzes évoquent la forme en
amande.
Depuis Euclide et jusqu'au début du 19è siècle, le losange se disait rhombe, du grec
rhombos = toupie, losange. Le parallélogramme (côtés opposés parallèles)
s'appelait autrefois rhomboïde (de rhombe et de eidos = forme,
ressemblance).
Au début du 20è siècle, dans un cours de Géométrie (1905), Borel appelait
rhomboïde ou
contre-parallélogramme,
ou encore
cerf-volant, un
quadrilatère (représenté à droite) dont une diagonale est
un axe de symétrie .
Le
pentagramme est un polygone régulier croisé
(on dit aussi étoilé dans ce cas régulier).
Construire
à la règle et au compas un hexagone (6 côtés) non
régulier dont les
côtés ont cependant
même mesure (forme générale de l'enclume du
forgeron).

Approche polygonale et radiale du cercle
par... une araignée
| Terminologie : |
L'appellation des polygones use du grec et du latin, bien que, dans triangle, tri = trois soit d'origine grecque, mais on sait que le latin provient en partie du grec :
n = 3 : triangle : celui qui a trois angles,
donc trois côtés; on pourrait l'appeler un
trilatère!
n = 4 : quadrilatère : celui qui a quatre côtés, donc quatre angles; on pourrait l'appeler un quadrangle!
n = 5 : pentagone n = 6 : hexagone n = 7 : heptagone
n = 8 : octogone n = 9 : ennéagone n = 10 : décagone
n = 11 : hendécagone n = 12 : dodécagone n = 13 : tridécagone
n = 14 : tétradécagone n = 15 : pentadécagone (ou pentédécagone)
| Somme des angles d'un polygone convexe : |
Il est aisé de prouver que la somme des mesures des angles d'un triangle égale 180° : correspondant à un angle plat, soit deux angles droits. On attribue la preuve de ce résultat aux Pythagoriciens, mais Thalès le savait certainement.
De ce résultat, on déduit que la somme des angles d'un
quadrilatère égale 360° (équivalant à deux triangles), celle d'un pentagone
égale 540° (équivalant à 3 triangles) et
d'une façon générale : la somme des angles d'un n-gone égale :
car d'un sommet on peut joindre n - 3 sommets non consécutifs et ainsi former (n - 4) + 2 = n - 2 triangles.
| Question de vocabulaire : |

Qu'est-ce
qu'un trapèze ? Le statut pédagogique du trapèze
n'a jamais été très clair. Dans le bon vieux temps, un trapèze était un quadrilatère
convexe (non croisé) ayant
une paire, et une seule, de côtés opposés parallèles.
Cela revenait à dire : quadrilatère convexe ayant deux côtés opposés parallèles et inégaux (qui ne sont pas de même mesure). Les bases étaient, par définition, les côtés parallèles. On note au passage que le parallélogramme, alias rhomboïde, peut se définir par quadrilatère convexe ayant deux côtés opposés parallèles et égaux.
À
droite, pigeonnier dont la section par un plan
horizontal est un octogone régulier (sud-ouest, France)
Aujourd'hui, il est de bon aloi d'énoncer :
Un trapèze est un quadrilatère non croisé (convexe) ayant deux côtés opposés parallèles
Et tout cela pour laisser la porte ouverte aux parallélogrammes qui apparaissent alors comme cas particuliers de trapèzes car dire ainsi, tendancieusement, « deux côtés opposés parallèles » n'interdit pas d'en avoir deux autres... : c'est l'idée que deux côtés opposés (au moins) sont parallèles. L'ennui est que l'on complique ainsi des énoncés au détriment de la simplicité du langage. Selon le problème étudié, on devra apporter des précisions comme :
Considérons un trapèze ABCD qui ne soit pas un parallélogramme.

de gauche à droite un trapèze vrai, un trapèze rectangle, un trapèze isocèle
(tous au au sens strict...)
et le cas particulier du parallélogramme.
Il est vrai que pour
le parallélogramme et ses complices (rectangle, carré), ou encore les
triangles, on apporte parfois des précisions sous la forme : « soit un
parallélogramme qui ne soit ni un rectangle ni un carré », « on considère un
triangle ABC isocèle (et non équilatéral) ».
Mais c'est un tort
: voir en conclusion.
En
ce qui concerne les formules d'aires, la définition new look oblige le
professeur, soucieux d'honnêteté intellectuelle, à faire remarquer aux élèves,
au risque de les embrouiller alors qu'ils s'y empêtrent déjà, que les formules
Bh et (B+b)h/2 coïncident lorsque le trapèze s'avère être un parallélogramme (B
= b)...
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Professeurs : dites en classe « Tracez un parallélogramme qui ne soit pas un rectangle » en croyant simplifier la consigne avec l'idée très logique qu'un carré est un rectangle. Vous prenez le risque de voir se tracer des carrés... Dur, dur, la pédagogie. Ce n'est pas gentil de chercher à déstabiliser ses élèves... |
Mais qu'est-ce qu'un
trapèze isocèle ? La définition d'antan était claire : on nomme ainsi un trapèze dont
les côtés non parallèles ont même mesure. C'est ainsi qu'un
trapèze isocèle, comme le
triangle isocèle dont il est en quelque sorte un tronc, admet un axe de symétrie.
Il nous faut donc exclure le cas du parallélogramme. Par conséquent, on est amené à la définition :
On appelle
trapèze isocèle
un trapèze qui n'est pas un parallélogramme et dont les côtés
non parallèles ont
même mesure.
![]()
Mais qu'est-ce qu'un trapèze rectangle ?
Le lecteur s'évertuera à en donner une
définition simple...

En
résumé :
il faut appeler un chat, un chat
et, en l'absence de consigne claire, les cas particuliers devraient être
systématiquement prohibés dès le plus jeune âge ! Si, comme à
cette page (clic...), on parle de trapèze, il s'agit du trapèze
au sens strict : ce n'est pas
un parallélogramme, sinon l'énoncé l'aurait dit !
Si un énoncé parle d'un triangle isocèle ABC, il ne s'agit pas d'un triangle équilatéral, etc. Par contre, un prolongement pédagogique intéressant pourra être « que se passerait-il si le trapèze ABCD était remplacé par un parallélogramme... ? ».
En fait, tout cela
n'est pas bien grave et quelle que soit la définition que nous donnerons,
ringarde ou pas, l'avenir des élèves n'en sera pas changé. Si polémique il y a,
elle se confine à la salle des professeurs à l'heure de la récré. C'est le
serpent de mer à rapprocher de : doit-on écrire « le segment AB » ou «
le segment [AB] »? La seconde forme ne conduit-elle pas à lire "le segment
segment AB" ?... Idem pour les droites et les vecteurs (fléchés).
Trapèze isocèle ,
Trapèze
et segment médian , Trapèze
et moyenne harmonique