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On se propose de calculer au moyen de l'ordinateur une valeur approchée du nombre e, base des logarithmes népériens. La première est élémentaire et peu précise. La seconde fournit 15 décimales, ce n'est pas si mal. On trouvera beaucoup mieux ici...
| Méthode 1 : |
En dehors d'un encadrement simple de e, une première méthode rustique n'utilisant que des connaissances élémentaires, niveau terminale des lycées, consiste à évaluer avec une simple calculatrice ou un ordinateur le nombre (1 + 1/n)n pour n suffisamment grand. En effet, on sait que :

car cette limite n'est autre que le nombre
dérivé en x = 0 de la fonction f(x) = ln(1 + x).
En posant x = 1/n, on en déduit une formule pressentie par
Neper et établie rigoureusement par
Euler :

| Programmation de la méthode en JavaScript |
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<SCRIPT
LANGUAGE=JavaScript> function expo2() </SCRIPT> |
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les décimales soulignées sont fausses |
1 |
| Méthode 2 : |
Au moyen de la formule de Taylor, établir le développement en série du nombre e (dit parfois développement de Euler ) est évident. Nous allons cependant utiliser un détour plus formateur lié à la formule de Maclaurin pour les polynômes : si P est un polynôme de degré n :
Notons P(i) le polynôme dérivé ième de P : P' = P(1), P" = (P')' = P(2), etc. On a alors :
et pour k > n : P(k)(0) = 0.
On en déduit la formule suivante, dite de Taylor / Maclaurin pour les polynômes :
Généralement, dans le cas d'une fonction indéfiniment dérivable f(x), aucune dérivée f(k) n'est la fonction nulle. Ecrivons alors :
en espérant que si n est suffisamment grand, le reste Rn(x) puisse être considéré comme "suffisamment petit". Dans le cas de notre fonction exponentielle, vu que f(x) = f'(x) = ex pour tout réel x, il apparaît immédiatement que, pour tout x :
Nous somme en présence d'une équation différentielle linéaire du 1er ordre avec second membre :
La solution générale de l'équation homogène est y = Kex. Recherchons alors la solution générale en posant y = z.ex (méthode de la variation de la constante). En utilisant que eo = 1, on obtient facilement :

On sait (cf. encadrement
élémentaire de e) que 2 <
e < 3. Choisissons alors x = 1 et majorons Rn(1) en
remarquant que sur l'intervalle [0,1] d'intégration,
on a 0
e-t
1. Il vient :
Cette majoration du reste est très intéressante, voire indispensable : elle permet d'apprécier facilement l'erreur commise en tronquant le développement de e à l'ordre n.
On note en passant :
Un autre calcul de majoration de l'erreur commise :
![]()
| Programmation de la méthode en JavaScript |
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<SCRIPT
LANGUAGE=JavaScript> |
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Il
est illusoire de dépasser N = 18 car dès que
Rn sera inférieur à 10-16, le calcul
"piétinera", ce que confirme l'exécution du programme : l'ordinateur travaillant
avec 16
décimales, la dernière n'est pas assurée (arrondi probable).
D'ailleurs, un calcul plus précis montre que le dernier 5 est en fait un 2 :
e = 2,718 28 18 28 45 90 45 23536...