ChronoMath, une chronologie des MATHÉMATIQUES
à l'usage des professeurs de mathématiques, des étudiants et des élèves des lycées & collèges

OZANAM Jacques, français, 1640-1717

On ne le confondra pas avec Antoine Frédéric Ozanam (1813-1853), écrivain français, ami de Chateaubriand, professeur renommé à la faculté des lettres de Paris. Profondément croyant, il fut aussi le fondateur, à 20 ans (1833), avec six de ses amis étudiants, de la société de Saint-Vincent de Paul.

Mathématicien autodidacte, Ozanam entame, sur la volonté de son père, des études religieuses qu'il abandonnera finalement quatre ans plus tard au profit des mathématiques en allant enseigner (en tant que précepteur) à Lyon puis à Paris, refusant souvent d'être payé. Remarqué et introduit par Fontenelle, Ozanam fut élu membre associé de l'Académie royale des sciences (1711).

Bernard le Bouyer (ou Bovier) de Fontenelle, neveu de Pierre Corneille, écrivain, poète et philosophe français (1657-1757). Érudit, épris de sciences, on lui doit en particulier ses Entretiens sur la pluralité des mondes (1686). Il s'intéressa aussi aux mathématiques en publiant ses Éléments de la géométrie de l'infini (1727), consultables en ligne. Académicien des Lettres (1691) et des Sciences (1697).

C'est grâce à sa brillante résolution d'un problème d'Ozanam que Rolle, dont Fontenelle fit aussi l'éloge, se fit connaître en tant que mathématicien.

Ozanam est également l'inventeur de divers instruments scientifiques et auteur de nombreuses publications (arpentage, hydraulique, fortification, cosmographie,...). Il mourut cependant pratiquement dans la misère.

On doit en particulier à Ozanam, ses Récréations mathématiques et physiques (parues dès 1692) inspirées de Bachet de Méziriac, complétées par Montucla (4 volumes en 1778), "qui contiennent les problèmes & les questions les plus remarquables & les plus propres à piquer la curiosité, tant des mathématiques que de la physique".

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), dans Les Confessions, fait allusion à Ozanam :

(...)
« Je voyais beaucoup à Chambéry un jacobin, professeur de physique, bonhomme de moine dont j'ai oublié le nom, et qui faisait souvent de petites expériences qui m'amusaient extrêmement. Je voulus à son exemple et aidé des Récréations mathématiques d'Ozanam, faire de l'encre de sympathie (= encre sympathique : qui n'apparaît que sous l'action de la chaleur ou de certains réactifs chimiques). Pour cet effet, après avoir rempli une bouteille plus qu'à demi de chaux vive, d'orpiment (sulfure d'arsenic) et d'eau, je la bouchai bien. L'effervescence commença presque à l'instant très violemment. Je courus à la bouteille pour la déboucher, mais je n'y fus pas à temps; elle me sauta au visage comme une bombe. J'avalai de l'orpiment, de la chaux; j'en faillis mourir. Je restai aveugle plus de six semaines; et j'appris ainsi à ne pas me mêler de physique expérimentale sans en avoir les éléments. » 
(...)


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