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Dans son cours d'analyse à l'École royale polytechnique, Cauchy précise les notions fondamentales de suite et de série en établissant des critères de convergence.
N désignant l'ensemble des entiers naturels, une suite d'éléments
d'un ensemble E est une application de N, ou une partie de N de
la forme [n,+
[,
vers E. Par souci de simplifier les notations, on n'utilise pas la
notation
fonctionnelle :
Considérons l'application
f qui à tout n de N* (N privé de 0) associe
le rationnel 1 - 1/n. On a donc f(n) = 1 - 1/n pour tout n non nul. On préfère
dire : soit (un) la suite
à valeurs dans R définie par : n
N*
, un = 1 - 1/n
La notation
un, dite
indicielle
est due à Lagrange
: n est placé en indice,
par opposition à la notation exponentielle
où n serait placé en exposant : un
signifiant u puissance n lorsque u désigne un
nombre. Dans notre exemple, pour désigner 1 - 1/n,
plutôt que de parler de l'image de n, on parlera de
terme général.
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Suite numérique : |
Une suite est dite numérique si ses éléments un sont des nombres réels (ou complexes, mais alors on préfère parler de suite complexe). L'exemple 1 est une suite numérique (de nombres rationnels). Une suite à valeurs dans N est parfois qualifiée de suite entière.
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Suite de fonctions ou suite fonctionnelle : |
Les éléments d'une suite peuvent être des fonctions numériques à valeurs réelles ou complexes du type un = fn(x), x appartenant à un ensemble précisé. On parle de suite de fonctions. C'est un cas fondamental d'analyse fonctionnelle dont les applications en sciences physiques sont nombreuses.
Pour tout n de N*
et tout x réel, x
-n, on pose :

On définit ainsi une suite
(fn) de fonctions numériques. Si x n'est pas un entier relatif, le
nombre fn(x), terme de rang n, existe pour tout n. Si,
malencontreusement, x est un entier relatif no, la suite (fn)
est définie sur No = [no+1,+
[.
| Convergence d'une suite, divergence : |
Dans notre exemple 1, il est intuitif que si n devient infiniment grand, un s'approche de plus en plus de 1. Notre suite étant à valeurs dans R contenant 1 : la suite est dite convergente. On dit que la suite (un) converge vers 1 ou que la suite (un) tend vers 1 : c'est la limite de la suite. On dit aussi que un tend vers 1 lorsque n tend vers l'infini en utilisant ainsi le vocabulaire des limites de fonctions, et on écrit :
lim un = 1
(un) converge également si nous l'avions définie à valeurs
dans Q. Mais, attention : la limite calculée doit appartenir à
l'ensemble des valeurs des un précisé dans l'énoncé de la suite.
En termes rigoureux :
Soit (un) une suite à valeurs réelles ou complexes et L un élément de R ou C. On dit que la suite (un) converge vers L pour exprimer que :

En d'autres termes :
Aussi petit que soit le nombre strictement positif e, il existe une valeur N (qui dépend de e) assurant la présence de tous les un dans l'intervalle ]L - e, L + e[ à partir du rang N.
Le fait que e puisse être choisi arbitrairement petit signifie que l'on pourra exhiber un N afin que la différence absolue entre un et L soit aussi petite que l'on voudra.
Cette définition "à la Weierstrass" a le mérite d'être opérationnel en toute circonstance et d'éviter un langage trop intuitif comme le fit, malgré sa rigueur, Cauchy dans les années 1820. Elle conduit ensuite, comme pour les fonctions, à des résultats évitant l'usage laborieux des e et des quantificateurs. En particulier :
Si (un)
et (vn)
convergent, alors lim (un + un)
= lim un + lim vn et lim
unvn = lim un
lim vn
Si (un)
et (vn)
convergent et lim vn
0, alors lim
1/vn =
1/lim vn
et lim (un/vn) =
lim un/lim vn
Limites et rigueur selon Weierstrass :
Suite divergente :
Une suite non convergente est dite divergente. On dit aussi qu'elle diverge. Ce qui ne signifie pas que un tend vers l'infini :
La suite de terme général un = 2n + 1 est divergente : on peut cependant parler de limite infinie.
La suite à valeurs dans Q
définie par ro = 1 et rn+1 = (rn +
2/rn)/2 est divergente ! en effet, pour n infini,
on sait que rn tend vers
2
Q.
Pour qu'elle soit convergente, il aurait fallu la définir à valeurs dans R !
Suites arithmétiques, suites géométriques (progressions) :
Suite croissante, décroissante, majorée, minorée :
Une suite numérique est
dite croissante
(resp. décroissante)
si, à partir d'un certain rang, on est assuré
d'avoir un+1 ≥ un (resp. un+1
≤ un). On parle de croissance (resp. décroissance)
stricte si un+1 > un (resp. un+1
< un).
Si, à partir d'un certain rang,
un garde la même valeur, la suite est dite
stationnaire.
Une suite numérique est dite
majorée
(resp. minorée)
par M si, à partir d'un certain rang, on est assuré d'avoir un
M (resp. un
M).
![]()
Prouver que toute suite numérique strictement croissante
et non majorée tend vers +∞.
![]()
De même, toute suite numérique strictement décroissante et non minorée tend vers
-∞
| Convergence simple d'une suite de fonctions numériques : |
Dans notre
exemple 2, la suite de fonctions (fn)
converge vers la fonction g : x
x. En
effet, x étant donné, fn(x) peut s'écrire (x - 1/n)/(x/n + 1).
Lorsque n tend vers l'infini, x - 1/n tend vers x et et x/n + 1 tend vers 1,
d'où lim fn(x) = x/1 = x.
Dans le cas général et en termes rigoureux, lorsque x est élément d'une partie D de R ou C :

Dans le cas plus général où l'espace d'arrivée (valeurs prises par f) est un espace métrique, resp. normé, remplace
R ou C,
d(fn(x),g(x)), resp. ||fn(x) - g(x)|| remplacera |fn(x)
- g(x)|.
Espace métrique :
Espace
vectoriel normé :
![]()
Plus général encore est le cas de fonctions fn : E
F où
l'espace d'arrivée F est un espace topologique quelconque :
On parle ici de convergence simple : la fonction g est la limite simple des fn, la suite fn converge simplement vers g. Ceci pour distinguer d'une convergence plus forte qui est la convergence uniforme que définiront Gudermann (1838) puis Cauchy (1853) où l'existence de N ne dépend plus de x. Weierstrass finalisera le concept :
Topologie de la convergence simple :
Topologie de la
convergence uniforme :![]()
![]()
|
Tours de Hanoi suite récurrente un+2 = f(un+1, un) |
| Suites récurrentes à 2 termes type un = aun-1 + bun-2 |
| Récurrence "emboîtée" un+1 = (un + vn)/2 , vn+1 = (unvn)½ |
| Suite de Fibonacci un = un-1 + un-2 |
|
Pyramide de tubes géométrie élémentaire |
| Convergence "en escalier" d'une suite un+1 = f(un) |
| Convergence "en spirale" d'une suite un+1 = f(un) |
|
Divergence "en spirale" d'une suite un+1 = f(un) |
| Notion de série, série de fonctions, convergence, divergence : |
On peut sommer, jusqu'à l'infini, les éléments d'une suite (un) à partir d'un certain rang; on parle alors de série. L'élément un en sera le terme général. Une série est dite convergente si la suite (Sn) de ses sommes partielles, à savoir :
Sn = uo + u1 + ... + un
est convergente. La limite S de Sn est la somme de la série.
Vu que
Sn -
Sn-1 = un , il
apparaît une condition nécessaire de convergence : le terme général doit
tendre vers 0.
Une série sera au contraire dite divergente si la suite de ses sommes partielles diverge (ne converge pas). La (célèbre) série harmonique 1 + 1/2 + 1/3 + 1/4 + ...est divergente. En effet :
![]()
On trouvera la preuve de ce résultat dans le calcul de la constante d'Euler.
![]()
On considère la série de premier terme u1 =
1, de terme général un = 11111...1 (n chiffres égaux à 1).
Calculer Sn = u1 + u2 + ... + un
Indication et réponse :
calculer 9Sn = (10 - 1) + (100 - 1) + ...
(10n - 1) = 10(1 + 10 + 102 + ... + 10n-1)
- n.
Sn = 10(10n - 1)/81 - n/9
Dire qu'une série diverge ne signifie pas que les sommes
partielles tendent vers l'infini : la série de terme général un =
(-1)n est divergente. En effet, S2n = 1 et S2n+1 =
-1, la suite des sommes partielles reste finie mais ne converge pas.
Notons encore ici que modifier l'ordre des termes d'une série est illicite et peut modifier la somme et la nature de la série (convergente ou divergente) sauf si la série est à termes positifs :
Soit φ une permutation de N (bijection de N sur N) et Sun une série à termes positifs, alors Sun et Suφ(n) sont de même nature (toutes deux convergentes ou divergentes) et, si elles convergent, elles ont même somme.
Dans le cas plus général d'une série à termes
complexes, on a un résultat analogue pour une suite absolument convergente.
Grandi et la série 1 - 1 +1 - 1 + 1 - 1
+ ... :
Leibniz et la série harmonique alternée :![]()
Exemple fondamental :
La série de puissances, de terme général xn, dite série géométrique de raison x, où x désigne un nombre de valeur absolue inférieure à 1, est convergente. La limite de Sn est ici 1/(1 - x). C'est la somme de la série. En effet, il est facile de prouver par multiplication ou par récurrence, que :
et si | x | < 1, alors xn+1 a pour limite 0. On peut donc écrire :

On
parle ici de série de fonctions car le terme
général peut s'écrire fn(x) = xn , image de x par la
fonction fn : x
xn.
Posons alors f(x) = 1/(1 - x). tout comme dans le cas des suites, nous dirons que la série de terme général (fn)
converge simplement vers la fonction f pour
tout x de l'intervalle ]-1,1[, ou encore que f est la limite simple de la série des (fn) sur cet intervalle. Là
encore, on parle de convergence simple pour la
distinguer de la convergence uniforme :
Weierstrass et la convergence uniforme :
Abel et les séries entières :
![]()
Pour une série de terme général un, que nous noterons dans la suite Sun, posons :
Rn = un+1 + un+2 + un+3 + ...
Rn est appelé reste de rang n de la série Sun. On définit ainsi une suite. On prouvera aisément que :
Une série est convergente si et seulement si son reste Rn converge vers 0.
Dans le cas d'une série à termes strictement positifs (tout au moins à partir d'un certain rang), des conditions suffisantes de convergence (théorèmes de comparaison) sont énoncées ci-dessous, mais rappelons tout d'abord un résultat intéressant, conséquence immédiate du théorème selon lequel toute suite croissante majorée de nombres réels est convergente :
Pour qu'une série numérique positive soit convergente il faut et il suffit que la suite Sn de ses sommes partielles soit majorée.
![]()
Appliquer ce dernier résultat à la série
de Riemann de terme général 1/n2 en montrant que la suite des
sommes partielles
est inférieure à 2.- 1/n. Indications :
remarquer 1/n2 < 1/n(n - 1) = 1/(n - 1) - 1/n
1a/ Série majorée :
Si la série
Svn est
convergente et si, à partir d'un certain rang p on a un
vn
, alors Sun
converge.
Par exemple :
la série de terme général un = 1/n! (n
0)
converge car à partir du rang n = 3, on a un < 1/2n.
Or, la série de terme général 1/2n (n
0) est
géométrique de raison 1/2 < 1. Elle
converge vers 2. Par suite, la série des un converge et sa somme
est inférieure à 3 (on ajoute uo et u1) et supérieure
à 2 = uo + u1. C'est le nombre e.
A contrario, si la série
Svn est
divergente et si, à partir d'un certain rang p on a un
vn
, alors Sun diverge.
Par exemple :
la série de terme général un = 1/ln(n) (n
2) est
divergente (ln = logarithme népérien) : comparer à la
série harmonique.
2/ Séries de même nature :
2a. Si un et vn sont proportionnels (il existe k non nul tel que un = kvn) converge vers un réel non nul, alors les séries Sun et Svn sont de même nature (toutes deux convergentes ou divergentes).
2b. Si la suite un /vn converge vers un réel non nul, alors les séries Sun et Svn sont de même nature (toutes deux convergentes ou divergentes).
![]()
Un p'tit exo d'application ?
: étude de la série de terme général 2n/(2n-1)k
2c. Si un
et vn sont des infiniment petits équivalents
pour n tendant vers l'infini, alors les séries sont de même nature (toutes deux
convergentes ou divergentes).
Rappel :
la
condition un
0 est une
condition nécessaire
de convergence. Dans ces deux cas b et c, on parle de
séries équivalentes.

Par exemple : appliquons ce dernier résultat à l'étude de la convergence de la série de terme général :
La série auxiliaire a pour terme général vn = kne-(n.ln k)². Utilisons le critère de d'Alembert : Le rapport vn+1/vn peut s'écrire k/e(ln k)²(2n + 1) tendant vers 0 pour n infini. d'où la convergence de la série des vn et celle des un.
3/ Règles de d'Alembert :
3a. Si, à partir d'un certain rang, on
a un+1 /un
k < 1 alors
Sun
converge. Si, à partir d'un certain rang, un+1
/un
1,
Sun
diverge (c'est le cas si le rapport tend vers 1 par valeurs supérieures).
3b. Si, à partir d'un certain rang, on
a un+1/un
vn+1/vn
où Svn est une série
convergente, alors Sun
converge. Ce résultat conduit au
critère de d'Alembert.
Règle de Duhamel :
Règle de Kummer :
![]()
4/
Règle nαun :
α
désignant un réel positif, si la suite de terme
général nαun converge verts une limite finie non
nulle k, alors la série Sun
converge si α > 1, diverge
sinon.
Ce résultat est une conséquence de cet
important cas particulier :
la série, 1 + 1/2p + 1/3p + 1/4p + 1/5p + 1/np + ... dite série de Riemann, converge pour p > 1, diverge sinon. Remarquer que pour p = 1, on retrouve la série harmonique.
Preuve : on regroupe les termes de rang 2 à 3 = 4 - 1, 4 à 7 = 8 - 1, 8 à 15 = 16 - 1, etc. La somme est alors inférieure à :
1 + 2/2p + 4/4p + 8/8p + 16/16p + ... = 1 + 2p-1 + 1/4p-1 + 1/8p-1 + 1/16p-1 + ...
On reconnaît la somme des termes de la progression géométrique (série géométrique) de 1er terme 1, de raison 1/2p-1 qui converge si cette raison est strictement inférieure à 1, donc si p > 1.
![]()
Prouver que la série 1 + 1/32
+ 1/52 + 1/72
+ 1/92 + 1/112
+ 1/132 + 1/152
+... est convergente.
Séries de Riemann et fonction zêta
:
Cas des séries alternées (critère de
Leibniz) :
5/ Comparaison à une intégrale (critère intégral de Cauchy) :
La notion d'intégrale au sens de Riemann conduit à cet important résultat :
Si un
= f(n) est une fonction positive et décroissante de n, alors la série un
est de même nature que l'intégrale de f sur [0,+
].
Même résultat si un = f(a + n) et l'intégrale
de f sur [a,+
],
a >0.
C'est ainsi que l'on peut prouver la convergence de la série de Riemann de terme général 1/np dont il est fait état ci- dessus.
![]()
Utiliser le critère intégral afin de prouver que la série
de terme général un = 1/ln(nn) (n
2) est
divergente.
Séries de Bertrand
:
Critères de Cauchy :
|
Série absolument convergente, série normalement convergente : |
Une série
Sun
sera dite absolument
convergente si S|un| est
convergente (valeur absolue dans le cas réel, module dans le plan complexe). Par
opposition, la convergence de Sun
est dite simple. Vu que |Sun|
S|un|,
il est clair que, conséquence très utile dans la pratique :
Toute série absolument convergente est simplement convergente.
Un cas fondamental de série convergente non absolument convergente est la suite harmonique alternée évoquée pour la première fois par Leibniz : 1 - 1/2 + 1/3 - 1/4 + 1/5 - 1/6 + ... = ln 2.
La série harmonique (exemple de série divergente) :
Séries asymptotiques :
![]()
Il s'agit de bien distinguer la convergence absolue de la convergence
normale :
Une série de fonctions (réelles ou
complexes) de la forme Sun(z)
sera dite normalement
convergente, s'il existe une série Svn
convergente à termes positifs pour laquelle on a pour tous n et z :
|Sun(z)|
un.
Plus généralement, dans le cas où la série des un(z) est à valeurs dans un espace vectoriel normé, on a les mêmes définitions : la norme || || remplaçant alors la valeur absolue (ou le module du cas complexe).
En savoir plus sur la convergence
uniforme et normale :
Cas des séries entières :

Il est tout a fait illégal de modifier l'ordre des termes d'une série sans avoir
prouvé au préalable qu'elle est absolument convergente ! Cette condition
suffisante pour autoriser un réarrangement des termes fut prouvé par
Dirichlet en 1837.
Dans le cas réel ou complexe, on a le résultat
suivant :
Soit φ une permutation de N (bijection de N sur N) et Sun une série réelle ou complexe absolument convergente, alors Suφ(n) l'est aussi et a même somme.
L'exemple de la série harmonique
alternée par réarrangement des termes :
![]()
| Série produit selon Cauchy ou "produit de Cauchy" : |
Considérons deux séries Sun
et
Svn
et leurs sommes partielles Un = uo + u1 + u2 + ... +
un et Vn = vo + v1 + v2 + ... +
vn. Faire le produit des deux séries consiste à sommer tous les
produits du type uivj. Mais pas n'importe comment car cela
peut changer la somme ou la nature de la série :
Dirichlet
Écrivons-les sous forme d'un tableau :

On décide de sommer suivant les diagonales
"nord-est
sud-ouest" : elle s'écrit donc :
uovo + (uov1 + u1vo) + (uov2 + u1v1 + u2vo) + (uov3 + u1v2 + u2v1 + u3vo) + ...
C'est ainsi que la série de terme général
wn =
Σukvn-k
(0
k
n)
soit :
wn = uovn + u1vn-1 + u2vn-2 + ... + un-1v1 + unvo
est appelée série produit au sens de Cauchy.
Théorème de Cauchy (1821) :
Lorsque les séries sont absolument convergentes, la série-produit l'est aussi et sa somme est le produit des sommes de Sun et Svn. Autrement dit :
Contre exemple de Cauchy
Considérer la série de terme général 1 -1/
2
+ 1/
3 - 1/
4
+ 1/
5 - ... et
la série produit par elle-même.
a) Montrer que son terme terme général s'écrit :

b) En utilisant que la moyenne arithmétique (a+b)/2 de deux
nombres positifs a et b est supérieure à leur moyenne géométrique
(ab), montrer
que la série produit diverge.
moyennes arith. et géom.
L'usage des séries-produits se rencontre couramment dans le cas des séries de fonctions :
| Suites de Cauchy, critères de Cauchy pour les suites et les séries : |
e désignant un nombre arbitrairement petit et positif,
on nomme ainsi une suite
numérique (un) pour laquelle |um - up| <
e
à partir d’un certain rang. Plus précisément, en notations "modernes" (depuis
Weierstrass et
Bourbaki) :
ε
,
Nε
N
/ m > Nε
, p > Nε
|um - up| <
ε
Il est clair que toute suite convergente est une suite de Cauchy. Inversement :
Toute suite de Cauchy réelle est convergente
et la définition précédente devient le critère de convergence de Cauchy.
Mais si l'on se place dans un
espace
métrique quelconque, cette
réciproque est fausse (en général). On s'en
convaincra avec l'exemple classique de la suite de nombres
rationnels ainsi définie :
converge vers le nombre e , base des logarithmes népériens, nombre réel non rationnel : il est transcendant. C'est ainsi que l'on peut construire l'ensemble R des nombres réels afin de compléter l'ensemble des nombres rationnels.
Un espace métrique dans lequel toute suite
de Cauchy converge est dit complet.
Le critère de Cauchy pour les séries :
Il permet d'étudier la convergence des séries numériques (à valeurs dans R) : notons Sn = u1 + u2 + ... + un. La série de terme général (un) est convergente si et seulement si :
Pour tout k, k entier : Sn+k - Sn = un+1 + ... + un+k tend vers 0 lorsque n tend vers l'infini.
Deux autres critères de Cauchy :
Donné dans son cours à l'École polytechnique (1821), il concerne la convergence des séries réelles ou complexes. Une série de terme général un est comparé à une suite géométrique de terme positif dont on connaît les conditions de convergence. On est alors amené au résultat suivant :
1. Soit rn le
module (valeur absolue dans le cas réel) de un
; si, lim (rn)1/n
= l < 1, alors la série de terme général un
converge. Si lim (rn)1/n =
l > 1, alors la série de terme général un
diverge. Le cas l = 1 est litigieux (on
ne peut rien conclure).

![]()
Vérifier au moyen de ce critère que la série de terme
général un = e1-n est convergente.
Rép : on a ici un
> 0 et (un)1/n = (e1-n)1/n = e(1-n)/n
tendant vers e-1 = 1/e < 1 : la série converge.
Dans le cas d'une série à termes
strictement positifs, lorsque lim
un+1/un (
règle de d'Alembert)
existe finie ou non, on peut démontrer que c'est aussi la limite de (un)1/n,
la réciproque étant fausse :
Considérer la suite (un) définie par un = 2 + (-1)n. On a un = 3 si n pair et un = 1 si n impair. Suivant que n est pair ou impair, un+1/un prend les valeurs 1/3 et 3 : pas de limite. Mais (un)1/n vaut 1 si n est impair et 31/n si n pair. Or 31/n tend vers 1 pour n infini puisque son log tend vers 0. Ce qui montre que (un)1/n converge vers 1.
Weierstrass, suites & séries de fonctions :
Autres critères :![]()